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Trinational - Elisabeth Ackermann, (Présidente) du Canton de Bâle-ville

Elisabeth Ackermann

Nous avons pris conscience de notre proximité

Questions à Elisabeth Ackermann, Regierungspräsidentin (Présidente) du Canton de Bâle-ville

Comment définiriez-vous la frontière ?

Hors Covid-19, les frontières n’existent pratiquement plus dans la vie quotidienne de notre région trinationale.
Une étude menée en 2019 pour le compte de la Conférence du Rhin supérieur auprès des jeunes a clairement démontré qu’ils sont conscients de travailler et de vivre dans un espace européen.

La fermeture des frontières, provoquée par la crise, nous a fait prendre conscience a contrario à quel point les frontières du Dreiländereck sont quasi inexistantes.

La fermeture des frontières a-t-elle été une réaction de panique face à l’inconnu ou une mesure sanitaire indispensable ?

La fermeture des frontières a été avant tout un moyen d’empêcher le virus de se propager. Mais elle n’a jamais été totale puisque les travailleurs frontaliers ont pu se rendre à leur travail.

 

Est-ce que des réactions agressives à l’égard des Alsaciens ont été constatées à Bâle ?

Nous n’avons pas constaté de réactions agressives à l’égard des Alsaciens. Bien au contraire, nous sommes très conscients de l’importance de la présence des travailleurs frontaliers alsaciens et allemands dans les secteurs d’activité aussi bien économiques que culturels, spécialement dans le domaine de la santé à Bâle. 700 Français et 2 400 Allemands travaillent dans les hôpitaux bâlois dont la qualité des soins est liée étroitement à la présence des travailleurs frontaliers.

L’accueil de patients alsaciens dans les hôpitaux de Bâle-ville a été largement approuvé par la population locale.

 

Berlin, Paris ou Berne, ont-ils sous-estimé l’impact de la fermeture des frontières pour la population frontalière ?

La situation sanitaire a naturellement nécessité des mesures drastiques et je comprends que la situation concrète des régions frontalières n’a pas toujours été prise en compte.

Mais nous avons toujours insisté auprès d’autres cantons et auprès du Bundesrat à Berne que notre situation est compliquée et que la réouverture des frontières devra être effective dès que la situation sanitaire le permettra.

 

Le credo de la sacro-sainte coopération transfrontalière va-t-il survivre à la crise ?
Est-ce que vos relations politiques en ont souffert ?

La coopération transfrontalière de la Regio Basiliensis est toujours d’actualité. La fermeture provisoire des frontières nous a fait prendre conscience de notre proximité. Familles, amis ou couples, ont été privées de rencontres. C’est pourquoi le canton de Bâle-ville et ses partenaires allemands et français se réjouissent de la réouverture des frontières. La région des Trois Frontières représente une communauté territoriale, sociale et culturelle pérenne qu’il est important de re-dynamiser bientôt.

La coopération politique a-t-elle souffert de la crise ?
Bien au contraire : grâce aux contacts permanents hors Covid-19, les échanges téléphoniques n’ont jamais cessé entre les partenaires de la région.

Grâce au centre de compétences TRISTAN nous cultivons depuis plusieurs années les échanges transfrontaliers dans le domaine de la santé. L’évolution de la crise a été suivie par tous au jour le jour.

 

Combien de patients alsaciens ont été accueillis à Bâle ?

Le canton Bâle-ville a accueilli 24 patients domiciliés en France, dont quatre ont nécessité des soins intensifs sous assistance respiratoire.

 

Le Covid-19 perturbe-t-il la relation de la Suisse à l’Union européenne ?

J’espère bien sûr que non. Nous allons consolider nos relations dans le cadre des institutions trinationales.
La fermeture a démontré à l’évidence la chance que présente notre coopération transfrontalière pour les citoyens et l’économie.