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Trinational - Andreas Schwab, député européen allemand

Andreas Schwab

La fermeture des frontières est inapropriée

Questions à Andreas Schwab, député européen allemand

Comment définiriez-vous la frontière ?

La « frontière » entre la France et l’Allemagne ou la Suisse n’existe plus en tant que telle. Mais le Covid-19 a malheureusement provoqué la fermeture des frontières, donc la mise en place de nouvelles barrières.

Des citoyens français qui travaillent dans des supermarchés ou des hôpitaux allemands ont eu des difficultés pour se rendre sur leur lieu de travail. On leur a même interdit de faire le plein d’essence. Les citoyens allemands travaillant en Alsace ont été confrontés aux mêmes problèmes.

La frontière redevenue « barrière » n’est justifiée qu’en cas de nécessité absolue.

 

La fermeture des frontières a-t-elle été une réaction de panique face à l’inconnu ou une mesure sanitaire indispensable ?

Le virus ne s’arrête pas à la frontière. Nous pouvons donc affirmer avec certitude que la fermeture des frontières ne stoppe pas la diffusion du virus.

On peut envisager le confinement de certaines régions particulièrement touchées. Mais des interdictions globales et nationales ne sont pas efficaces et contraires à l’esprit de Schengen.

De nombreux citoyens ont choisi de travailler dans le pays voisin de leur lieu de domicile, justement grâce à l’esprit de Schengen. De nombreuses entreprises se sont installées de part et d’autre des anciennes frontières.

Notre espace économique commun s’est développé harmonieusement pour permettre la libre circulation des biens et des personnes, permettant l’approvisionnement en médicaments et en équipements de santé.

C’est pourquoi la fermeture des frontières est inappropriée.

 

Berlin, Paris ou Berne ont-ils sous-estimé l’impact de la fermeture des frontières pour la population frontalière ?

Nous souhaitons que la Commission de l’Union européenne vérifie si la fermeture des frontières a eu un effet positif lors de la crise.

 

Est-ce que des réactions agressives à l’égard des Alsaciens ont été constatées au pays de Bade ? Si oui s’agissait-il d’exceptions ?

La majorité absolue de la population entretient des relations excellentes avec nos voisins français et suisses. A titre personnel, j’ai été choqué par certains comportements. Ils sont inacceptables.

Nous n’avions qu’un seul but : vaincre l’épidémie. Cela n’a rien à voir avec la nationalité des uns et des autres.

 

Le credo de la sacro-sainte coopération transfrontalière va-t-il survivre à la crise ?
Est-ce que vos relations politiques en ont souffert ?

Comme le démontre le Dreiländermuseum à Lörrach, notre région transfrontalière est une réalité. Nous ne reviendrons pas en arrière sur cet acquis fondamental. Naturellement la crise a entamé notre confiance réciproque.

Nous allons tout faire pour retisser nos liens. Nous devons intensifier nos coopérations transfrontalières.
Une fermeture des frontières ne peut être qu’une solution ultime. A mon avis nous ne devrions plus prendre de décisions uniquement nationales.

 

Combien de malades alsaciens du Covid-19 ont été accueillis en Allemagne ? Combien au pays de Bade-Wurtemberg ?

132 patients français ont été accueillis en Allemagne, 23 en Bade-Wurtemberg. Je suis très heureux de cette situation, au moins sur ce point l’égoïsme national a été dépassé.

Le fait que des patients français aient été soignés en Allemagne démontre à l’évidence que l’Europe a répondu présente et est une réalité concrète.

Je souhaite que la solidarité européenne s’intensifie, également sur le plan économique. La solidarité européenne est indispensable. Si chaque pays se replie sur lui-même, aucun progrès ne sera possible.

 

Quand les Alsaciens seront-ils à nouveau les bienvenus en Forêt-Noire pour bénéficier de l’ambiance des fameuses « Strausswirtschaften » ?

Les frontières doivent s’ouvrir mi-juin, sans restrictions.

Un retour à la normalité est indispensable dans nos régions frontalières.