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Sécurité sur les RD - C’est l’affaire de tous !


Sur la route, qualité des infrastructures et comportement des usagers conditionnent la sécurité de tous. A chacun sa part de responsabilité. Tour d’horizon.

10 millions de km sont parcourus chaque jour sur les routes départementales. Attention à vous, aux autres et aux agents de travaux.
Entretenir, améliorer, moderniser nos 2 545 km de routes départementales et les 150 km d’itinéraires cyclables interurbains gérés en direct, c’est la mission du Conseil départemental du Haut-Rhin. Au siège de sa direction des routes et dans ses antennes de terrain (agences territoriales routières et antennes territoriales routières) pas moins de 350 agents et de nombreuses entreprises mandatées se mobilisent chaque jour pour la sécurité des usagers de la route. La partie émergée de ce travail est souvent de couleur jaune et rouge. Les patrouilles inspectent au moins une fois par semaine chaque route de notre département*, ramassent obstacles et objets tombés sur la chaussée, colmatent les nids-de-poule, effectuent de petites réparations et signalent les interventions plus importantes afin qu’elles soient immédiatement programmées. Les engins de fauchage assurent les passes de sécurité (à 1m du bord et davantage au niveau des virages et carrefours) en attendant la grande fauche de début d’automne, lorsque la flore a fini de se reproduire. La partie immergée étudie les améliorations possibles et lance les travaux (sécurisation de carrefour, reprise de virages, voies de contournement…) avec toujours le même objectif : améliorer le confort des usagers et par consé- quent leur sécurité. La responsabilité de chaque automobiliste, cycliste ou même piéton reste cependant primordiale pour assurer la sécurité de tous.

*6 jours sur 7 pour les 2x2 voies

«ATTENTION VIRAGES» À NE PAS PRENDRE À LA LÉGÈRE

Autre point délicat pour la sécurité : certains virages. Si nos véhicules ont largement évolué, et surtout leur vitesse, ce n’est pas toujours le cas des routes. Certaines suivent toujours le tracé d’anciennes voies romaines. Trop serré, le virage devient problématique. Lorsque la configuration des lieux le permet, le virage peut être repris, autrement dit, sa courbe peut être modifiée. En cas d’impossibilité, l’accent est mis sur la signalisation : en percevoir le danger permet d’adapter sa conduite. Dans tous les cas, virage ou autres zones d’insécurité, en l’absence de solutions techniques, la limitation de vitesse est l’ultime solution. La respecter est primordial, parfois vital.

La limitation de vitesse est l’ultime solution Elle intervient après la mise en oeuvre de toutes les solutions techniques possibles

CARREFOURS : LES FLUX DÉTERMINENT LA SOLUTION

Deux routes qui se croisent, c’est un risque d’accident multiplié. La réalité n’est pas aussi simple mais une chose est certaine, le carrefour est le nœud du problème. Objectif: fluidifier et sécuriser la circulation. Pas question cependant de transformer le moindre carrefour en giratoire. Ce sont donc les flux de véhicules qui déterminent les choix. Si le flux de la voie principale et de la voie secondaire sont relativement faibles, le dispositif de base - deux panneaux « stop » - suffit… à condition, bien sûr, d’être respecté. Dans le cas d’une voie secondaire un peu plus fréquentée, un îlot de sécurité peut compléter le dispositif. En donnant une meilleure perception du carrefour, il appelle à la vigilance. Le tourne-à-gauche est la solution pour les voies secondaires encore plus fréquentées : une section de la voie principale est alors dédiée au « stockage » temporaire d’un ou plusieurs véhicules souhaitant tourner à gauche. Enfin, une fréquentation importante sur les deux voies justifie la création d’un carrefour giratoire. En agglomération, le conseil départemental accompagne financièrement et techniquement les communes dans la sécurisation des routes départementales qui les traversent. Il intervient également pour les nouveaux raccordements (habitation, lotissement, activités) sur une route départementale.

Bernard Schœpf, le M. Moto du conseil départemental, nommé cet été. Parmi ses missions : travailler en partenariat avec la Fédé- ration française des motards en colère (FFMC) sur la priorisation des glissières à sécuriser.    

 

ARBRES : AGRÉABLES... ET MORTELS

89 % des usagers trouvent «agréables» les arbres alignés en bordure de chaussée*... mais aussi mortels en cas de sortie de route. Que faire ? Les supprimer ou rouler moins vite ? Les plus beaux spécimens ont été plantés alors que le trafic actuel était inimaginable. Faut-il pour autant les sacrifier à la modernité ?
 

Hélas, les arbres ne sont pas éternels. En vieillissant, les branches de certaines espèces, comme les peupliers, deviennent extrêmement cassantes au moindre coup de vent : un véritable danger sur la route. L’abattage s’impose. Il s’accompagne autant que possible d’opérations de replantation à l’écart de la chaussée (au moins 7m, à condition de disposer du terrain nécessaire). Les espèces buissonnantes et la variété sont alors privilégiées : une aubaine pour la petite faune !

Certains arbres sont tout simplement trop près de la chaussée. Dès lors que l’espace le permet (au moins 4 m entre la chaussée et l’alignement), des dispositifs de retenue sont installés, en général des glissières permettant d’absorber une partie de l’énergie cinétique d’un véhicule en cas de choc. Mais lorsque ces aménagements sont impossibles, en zone accidentogène, l’abattage est la solution ultime. Une solution qui ne satisfera jamais pleinement, au moins épargnera-t-elle des vies humaines. Celle d’un de vos proches, peut-être...

*Selon une étude réalisée dans le HautRhin en 2012

POURQUOI SÉCURISER LES GLISSIÈRES ?

Cette année, au mois de juillet, cinq motards avaient déjà perdu la vie sur les routes du Haut-Rhin, contre quatre pour toute l’année 2014. Les accidents mortels de ces dernières années sont le plus souvent dus à des chocs avec des véhicules tiers. Dépourvu de carrosserie, le motard est aussi très vulnérable lorsqu’il chute seul, et particulièrement s’il rencontre un obstacle dans sa glissade : poteau, arbre, support de glissière de sécurité… en cause notamment dans deux accidents du début de l’été.

Équiper ces glissières d’écrans de sécurité dans leur partie inférieure est une solution qui a prouvé son efficaci té. Elle n’évite pas les accidents, mais contribue à en diminuer la gravité. Depuis de nombreuses années, le Conseil départemental du Haut-Rhin a choisi d’aller au-delà des préconisations nationales en la matière : sur tout projet neuf, toutes les courbes d’un rayon compris entre 250m et 400m sont systématiquement équipées d’écrans. Le réseau existant est quant à lui progressivement équipé à raison de 4,3 km en moyenne par an. 200 000 euros y sont consacrés cette année. Au total, les dispositifs de protection des obstacles, ou «dispositifs de retenues», représentent un investissement annuel de 700 000 euros.

LE RÉSEAU DÉPARTEMENTAL EN CHIFFRES :

2 545 km de routes départementales

150 km d’itinéraires cyclables gérés par le département

35 millions d’euros par an

03 89 20 10 25 pour prévenir les patrouilleurs en cas d’obstacle sur la route

HAUT-RHIN : QUE DIT L’OBSERVATOIRE DÉPARTEMENTAL DE SÉCURITÉ ROUTIÈRE ?

Les Haut-Rhinois sont globalement des usagers de la route assez respectueux, toujours en léger décalage par rapport au reste de la France : accidentologie en légère baisse quand la courbe monte ailleurs… et inversement. A noter : une courbe en baisse sur les cinq à dix dernières années… malgré 2014 qui fut notre année noire. A relativiser cependant : lorsque les chiffres s’amenuisent, il devient difficile de dégager une tendance ou de faire parler les pourcentages. Un ou deux accidents graves suffisent à provoquer un pic sur une courbe.

Dans notre département, les accidents corporels (avec blessés ou tués) se produisent davantage sur les trajets de promenadeloisirs, en fin de journée, les mardi ou vendredi. Problème d’attention après une journée bien remplie ? Une chose est certaine pour l’Observatoire dont la mission est de croiser les analyses « routes », « comportements » et « véhicules », les deux grands facteurs d’accidents sont les mauvaises pratiques (dont le téléphone au volant et l’envoi de sms) et la mauvaise maîtrise du véhicule (freinage d’urgence, adaptation de la conduite aux conditions climatiques...)

Monter en voiture est un risque en soi. Une vigilance de tous les instants est la meilleure alliée du conducteur.

Mais les automobilistes ne sont pas les seuls à devoir prendre leurs responsabilités. En 2015, les accidents incitent déjà à tirer la sonnette d’alarme quant au comportement des cyclistes et… des seniors (qu’ils soient piétons, cyclistes ou conducteurs). Ces informations et bien d’autres composent la base de données de l’Observatoire départemental de sécurité routière. Elles servent, par exemple, à définir les emplacements des radars (elles abaissent l’accidentalité de 90 % et le nombre de tués à zéro). Ces données sont aussi mises à disposition des grandes collectivités. Le conseil départemental s’en sert notamment pour localiser les zones de danger et hiérarchiser ses travaux.

POINT DE VUE SUR LE GRAVILLONNAGE

IL A SOUVENT MAUVAISE PRESSE. MAIS A-T-IL VRAIMENT TOUS LES TORTS ? STÉPHANE FURST, TECHNICIEN EN ENTRETIEN ROUTIER AU CONSEIL DÉPARTEMENTAL DU HAUT-RHIN, NOUS ÉCLAIRE SUR CE MAL-AIMÉ.

Le « gravillonnage » est une technique d’entretien de la surface de la chaussée. L’application successive d’un liant et de gravillons permet de boucher des fissures et d’éviter les dégradations par infiltration d’eau (particulièrement en hiver). Une fois stabilisé, le gravillonnage redonne également de l’adhérence à la route. C’est donc un élément de sécurité à part entière.

Cependant, sa période de mise en œuvre est un passage délicat. Les gravillons sont répandus en excès, puis scellés par compactage à l’aide d’un engin de chantier. La circulation prend ensuite le relais du compactage, assurant le blocage des gravillons pendant une période dite de « mûrissement ». Passé cette période de deux à cinq jours, un balayage permet de rétablir des conditions normales de circulation. Jusque-là, la vitesse est limitée à 50 km/h. Pour la sécurité de tous, il est impératif de respecter cette limitation.

Chaque année environ 700 000 m2 sont gravillonnés sur les routes départementales. A 1/5ème du coût d’un enrobé classique, le rapport avantage/coût en fait une technique très intéressante.