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rSa-Bénévolat

Personne du dispositif rSa
Le rôle des conseillers d’insertion-référents rSa est primordial dans le déploiement du dispositif. Ici Virginie Schwach, à Colmar.

Volontaires pour renouer avec la confiance

Le dispositif rSa-Bénévolat valorise, auprès des bénéficiaires de cette aide comme des associations, un engagement volontaire au service des autres. Un moyen efficace de reprendre confiance en soi.

Progressivement mis en place depuis le début de l’année 2017, le dispositif rSa-Bénévolat est une véritable innovation sociale et sociétale. Il permet aux bénéficiaires du revenu de Solidarité active (rSa) de renouer avec une activité, plusieurs heures par semaine, sous la forme d’un engagement bénévole au sein d’une association ou d’une collectivité locale. Il a connu une étape importante au mois de mars 2017 avec la mise en ligne du portail https://benevolat.haut-rhin.fr/ Celui-ci permet aux bénéficiaires du rSa comme aux associations et collectivités de trouver tous les renseignements pratiques et d’y télécharger des documents comme des attestations pour s’engager dans la démarche. Véritable boîte à outils, ce site internet propose aussi un annuaire des associations du territoire. Il est également un lieu de rencontre entre l’offre et la demande : les bénéficiaires du rSa en recherche d’une mission de bénévolat peuvent y trouver des offres sur l’ensemble du territoire haut-rhinois. Chaque proposition est validée par les services du Département avant d’être mise en ligne afin de vérifier notamment qu’elle ne peut pas être assimilée à une fonction qui relèverait du secteur marchand. On y trouve ainsi des propositions de missions dans le secteur du handicap, pour l’encadrement d’activités sportives ou de clubs d’échec, pour des veilleurs de sites naturels, etc.

Une démarche collective

Des groupes de travail regroupant notamment élus, professionnels de l’insertion et bénéficiaires du rSa ont abouti à une solution souple. Sur la base du volontariat, l’adhésion au dispositif est inscrite dans le Contrat d’Engagement Réciproque (CER) que chaque bénéficiaire du rSa signe avec le Département après en avoir librement débattu avec son référent. « Cette démarche a été pensée dans le contexte du juste droit », explique Josiane Mehlen-Vetter , Vice-Présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, en charge du projet rSa-Bénévolat,
« il implique que le bénéficiaire du rSa soit acteur de son parcours vers l’emploi, en fonction de ses capacités ».

Un dispositif pour renouer avec la confiance

La confiance est la pierre angulaire du dispositif rSa-Bénévolat : la confiance entre l’allocataire et son référent territorial avec qui il définit le projet d’engagement bénévole (dans quel domaine, combien d’heures par semaine…) ; la confiance mutuelle entre l’association ou la collectivité et le bénévole, dans leur capacité à travailler ensemble ; Enfin bien sûr, la confiance en soi pour le bénévole allocataire du rSa qui retrouve à travers ce dispositif un contexte valorisant dans lequel il se sent utile et qui a vocation à le remettre progressivement sur le chemin de l’emploi.

Bienveillance au cœur du projet

Les associations proposent un cadre propice à l’épanouissement des bénévoles. Elles permettent aux bénéficiaires de mettre leurs compétences et talents au service des autres et de favoriser leur épanouissement personnel et d’accroître leur chance de trouver un nouvel emploi.

En France, 18% à 20% des bénéficiaires du rSa ont déjà un engagement associatif. Une tendance qui se vérifie également dans le département du Haut-Rhin.

Une démarche cohérente pour les associations

Quel accueil réserver à ces nouveaux bénévoles quand on est à la tête d’une association ? « Le scepticisme ou les interrogations des responsables associatifs nous ont obligé à faire preuve de pédagogie », rappelle Pierre Bihl, maire de Bergheim et vice-président du conseil départemental. « Les responsables associatifs avaient des questions légitimes: quelles missions confier aux bénévoles et pour quelle durée, quid des couvertures d’assurance, etc », se souvient l’élu du canton de Sainte-Marie-aux-Mines. Mais ils étaient en même temps conscients de l’intérêt du dispositif, les bénéficiaires du rSa ont de réelles compétences et sont sources de talents. Grâce à eux, les associations compensent un engagement moindre des jeunes, aujourd’hui plus accaparés par leur vie professionnelle et familiale que par le passé.

Un système gagnant-gagnant

La cohérence de la démarche est également très vite apparue et a été soulignée par les professionnels : « L’esprit du monde associatif, c’est la main tendue vers l’autre », explique Martine Vwanza, qui dirige les résidences Heimelig, deux Ehpad sous l’égide de la Fondation de l’Armée du Salut, basées à Seppois-le-Bas et Waldighoffen. En l’occurrence, c’est de permettre à des bénéficiaires du rSa de retrouver un environnement social riche, de renouer avec une activité et, parfois, bénéficier de formations et de l’apprentissage d’un métier. « On est dans un dispositif gagnant-gagnant », affirme-t-elle, « nos associations bénéficient ainsi de renforts indispensables et les bénéficiaires du rSa peuvent se reconstruire progressivement dans un environnement bienveillant, sans la crainte d’être jugés ». Pascal Rivière, le directeur de l’Ehpad La Roselière à Kunheim, va dans le même sens: « Le dispositif rSa-Bénévolat est une occasion unique d’accompagner le bénévole, de regarder son parcours et son CV, de le conseiller », explique-t-il. Et pourquoi pas, de l’embaucher à terme quand l’opportunité se présente, naturellement sans obligation de la part de l’association ou de la collectivité : « les bénéficiaires du rSa sont éligibles à certains contrats aidés, ce qui peut contribuer à leur recrutement», confirme-t-il. Le plus souvent, les bénévoles se voient confier des tâches simples et qui ne nécessitent pas, dans l’immédiat, de qualification particulière. Selon leur talent, ils peuvent effectuer du bricolage, de l’entretien d’espaces verts, aller chercher les pensionnaires dans leurs chambres à l’heure des repas ou encore faire des conduites pour les personnes âgées en accueil de jour… En tout état de cause il s’agit d’actes non professionnels, ne nécessitant pas de qualification. Mais ces tâches leur permettent de reprendre progressivement confiance et renforcent leur sentiment d’utilité.

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Pascal Rivière, directeur d’Ehpad : « Les bénéficiaires du rSa sont éligibles à certains contrats aidés, ce qui peut contribuer à leur recrutement ».

Des Ehpad aux clubs de sport en passant par les conseils de fabrique ou les structures d’animation de périscolaire, le tissu haut-rhinois est particulièrement riche : on compte près de 6 000 associations référencées dans les annuaires des communes haut-rhinoises.

En chiffres
18 471 foyers touchaient le rSa en 2016 dans le Haut-Rhin (-8,6%)
9 000 Contrats d’engagement réciproque signés
96 ME versés au titre du rSa en 2016 par le Département (dont 50% seulement compensés par l’Etat)
2 737 bénéficiaires ont retrouvé un emploi en 2016 grâce aux actions du conseil départemental

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Alexandre Rodrigues, allocataire du rSa, a participé aux groupes de travail sur la mise en place du dispositif rSa-Bénévolat : « Je me sens utile ».

Quand les bénéficiaires reprennent la main 

L’un des objectifs de ce dispositif rSa-Bénévolat est de permettre aux bénéficiaires de cette aide de reprendre la main sur leurs choix et leur destin. S’engager dans une mission de bénévolat, déterminer un nombre d’heures hebdomadaires, accepter la discipline des horaires, etc. sont autant de signaux positifs envoyés en premier lieu à eux-mêmes. « Prendre ces décisions et être autonome, c’est être acteur de sa vie », rappelle Véronique Vwanza, de la Fondation Armée du Salut. Allocataire du rSa ayant participé aux groupes de travail sur le dispositif, Alexandre
Rodrigues va dans le même sens : « Faire quelque chose et être reconnu pour cela, c’est gratifiant, un motif de fierté. Je l’ai déjà ressenti en participant aux groupes de travail ». Etre vu simplement comme un bénévole, et non plus comme un allocataire du rSa : « C’est valorisant et cela nous permet de nous sentir utiles », ajoute-t-il. Et de revenir vers l’emploi ? C’est une des possibilités. « On peut choisir sa mission en fonction de ses compétences et faire ainsi un pas vers le retour à l’emploi, notamment en enrichissant son CV », témoigne Virginie Schwach, conseillère d’insertion et référente rSa sur le territoire de Colmar, au sujet des bénéficiaires du rSa qui sont les plus proches du marché du travail.
Si l’accueil de la deuxième mouture du projet a été plutôt positif chez les bénéficiaires du rSa volontaires, avancent Alexandre Rodrigues et Virginie Schwach, il reste, selon cette dernière, à convaincre le tissu associatif de donner leur chance à un public trop souvent montré du doigt à tort.
« L’enjeu est de parvenir à ce qu’il y ait des offres partout, jusque dans les villages, que les associations s’ouvrent à ces nouveaux bénévoles », conclut-elle.

Virginie Schwach RSA Colmar.

Un site web pour vous renseigner sur le dispositif, poster et trouver des offres : https://benevolat.haut-rhin.fr/

Un démarrage encourageant

La plateforme rSa-Bénévolat a déjà réuni 750 offres de missions. Ce succès est la marque du dynamisme du tissu associatif haut-rhinois, même s’il faut maintenir les efforts d’information auprès de toutes les associations et des bénéficiaires du rSa.


Marc Schittly, Président de la commission Sport et Vie Associative

Trois mois après l’ouverture de la plateforme, je veux remercier ici chaleureusement l’ensemble des associations et collectivités haut-rhinoises qui ont joué le jeu et appeler les autres à s’engager dans le dispositif. En publiant 440 offres de missions de bénévolat sur cette période, les premières ont validé la pertinence de notre démarche. La diversité de ces offres, que l’on retrouve dans le social bien sûr, mais aussi dans les secteurs du sport, du spectacle, de l’aide aux personnes handicapées ou encore des loisirs, permettra aux bénéficiaires du rSa volontaires de trouver la mission qui leur convient et dans laquelle ils pourront s’épanouir. Doit-on y voir la marque de notre belle solidarité haut-rhinoise ? C’est en tout cas celle d’un secteur associatif particulièrement dynamique et je ne peux que m’en réjouir. J’ai désormais bon espoir que les bénéficiaires du rSa, dans leur grande majorité, sauront saisir cette opportunité, apportant ainsi leur pierre à cette dynamique et bénéficiant d’une occasion unique de remettre le pied à l’étrier dans un contexte bienveillant.