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Post-Fessenheim, De nouvelles énergies pour le territoire

Post-Fessenheim

De nouvelles énergies pour le territoire

La centrale nucléaire de Fessenheim a définitivement cessé la production d’énergie. Le Département travaille depuis des mois à des projets innovants, ambitieux et créateurs d’emplois pour lesquels il a d’ores et déjà provisionné une enveloppe de 56 millions d’euros d’investissements. Des projets concrets sont en cours.

Notre collectivité a fait l’inventaire de la totalité du potentiel en énergies renouvelables de notre territoire qui s’élève à plus de 2 000 GWh. Un premier appel d’offres « photovoltaïque » de 300 MW (200 MW au sol et 100 MW en toiture) a été approuvé par l’Union européenne. À l'étude également, le développement de l'éolien pour un total de 100 MW.

L’arrêt du 2e réacteur de la centrale de Fessenheim nous oblige définitivement. La fin de cette aventure industrielle de 43 années se traduit par un défi de taille : compenser les 2 000 emplois directs et induits par l’activité de la centrale ainsi que la perte d’un chiffre d’affaires annuel de 500 millions d’euros. Avec ses 1 800 MW de puissance, la centrale fournissait également 65 % de la consommation alsacienne d’électricité et satisfaisait les besoins de nombreuses industries de la bande rhénane dont la dépendance à l’énergie électrique est très forte. Compenser au plus vite les emplois perdus et préserver le potentiel industriel de notre département est dès lors notre priorité absolue. Le Haut-Rhin a été le premier département nucléaire de France. Demain, il peut être un pionnier des énergies vertes et du développement durable. C’est là toute l’ambition du Conseil départemental du Haut-Rhin et très prochainement de la CeA.

À l’Est du nouveau

Seuls, nous ne pouvons rien. Outre une aide financière massive de l’Etat sans laquelle nous ne pourrons promouvoir le nouvel environnement économique et énergétique auquel nous aspirons, il nous faut être convaincus que le strict cadre haut-rhinois ne peut à lui seul être le garant de l’avenir de notre département. La prospérité future de notre territoire est étroitement liée à notre capacité à imaginer et à construire un avenir qui dépasse les frontières.
Grâce au travail mené en étroite concertation entre partenaires français et allemands, le traité d’Aix-la-Chapelle a intégré dans ses dossiers prioritaires et stratégiques le projet de territoire binational pour l’après-Fessenheim. Nos partenaires du Rhin supérieur sont avides de coopération et leur mobilisation et implication est l’incontestable clé de notre réussite.

Trois premiers projets concrets…

1. EcoRhéna
La crise sanitaire a retardé sa création mais son acte de naissance sera effectif au courant du mois de septembre. EcoRhéna, la Société d’Economie Mixte (SEM) dont le Département du Haut-Rhin sera, à hauteur de 170 000 euros, l’un des 3 principaux actionnaires aux côtés de la Région Grand Est et de la Communauté de communes Pays Rhin Brisach, aura pour mission de mener à bien les projets de reconversion du site, notamment la création d’une vaste zone d’activité d’une centaine d’hectares en bordure du Rhin.
L’intérêt pour cette SEM de droit français sera de pouvoir intervenir dans les territoires allemands limitrophes à leur demande. C’est d’ailleurs la logique même du comité de coopération transfrontalière qui préfigure en quelque sorte la volonté de la Commission européenne de créer un « mécanisme visant à lever les obstacles juridiques et administratifs dans un contexte transfrontalier ». Des adaptations du droit local seront toutefois nécessaires afin de permettre aux industriels allemands de s’implanter dans la zone.

2. Ligne Colmar-Freiburg : à l’heure !
C’est très symboliquement le 30 juin, jour même de l’arrêt du deuxième réacteur de la centrale de Fessenheim, qu’a été signée la convention de financement pour un montant de 3,5 millions d’euros, de la phase d’étude pour la réouverture de la ligne ferroviaire Colmar-Freiburg. Il n’y a pas d’autres exemples de deux agglomérations de 200 000 habitants (Colmar) et 300 000 habitants (Freiburg), distantes de seulement 40 km et qui ne soient pas reliées par une ligne ferroviaire. Le rétablissement de cette ligne, détruite à la fin du second conflit mondial, est un enjeu majeur pour le territoire. Sa réouverture facilitera l’implantation d’entreprises mais aussi les accès aux zones d’emploi actuelles et futures, renforcera les mobilités durables, contribuera à l’attractivité du territoire et à la qualité de vie de ses habitants.

3. 300 MW produits en photovoltaïque
Dans un monde où la demande globale d’énergie devrait augmenter et où les conséquences du changement climatique devraient s’accentuer, il n’existe qu’une seule solution viable : la promotion des ressources énergétiques renouvelables. L’appel d’offres « photovoltaïque » de 300 MW qui vient d’être approuvé par l’Union européenne est la première étape de notre ambitieux programme qui vise à faire du Haut-Rhin le premier département exclusivement alimenté en énergies propres. Notre collectivité participe à cet appel d’offres au travers de l’ancien aérodrome de Munchhouse, propriété départementale.

D'AUTRES PROJETS POTENTIELS
Implantation d’une usine de batteries pour laquelle le Conseil départemental multiplie les contacts avec Total et PSA ; implantation d’une usine de fabrication de panneaux photovoltaïques pour laquelle notre collectivité fait un intense lobbying auprès d’investisseurs potentiels : aucun effort ne sera de trop pour être à la hauteur des enjeux sociaux, économiques et environnementaux du projet de transition du territoire de Fessenheim.
Notre collectivité apporte par ailleurs son total soutien au projet porté par EUCOR - Le Campus européen pour la création d’un Parc éco-industriel sur les énergies renouvelables. Cette initiative qui multipliera les partenariats recherche/industrie doit positionner l’Alsace dans des secteurs d’activités et des technologies décisives pour notre avenir : le stockage d’énergie, le recyclage des batteries, les process de méthanation et de méthanisation…
Enfin, un technocentre pour la valorisation des déchets métalliques issus de la déconstruction de la centrale de Fessenheim, dont certains faiblement radioactifs, est à l’étude par EDF. Les risques environnementaux liés à ce projet suscitent toutefois de nombreuses interrogations.

Le Conseil départemental multiplie les contacts avec Total et PSA pour l'implantation d'une usine de batteries dans la zone industrielle EcoRhéna.