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Inondations : prévoir et anticiper

Voilà plus de trente ans, que le Département du Haut-Rhin a engagé une ambitieuse politique de protection des populations contre les risques d’inondation. De nombreuses avancées ont été faites, même si le risque zéro n’existera jamais.

Notre département est riche de chroniques relatant les effets dévastateurs des crues de l’Ill et du Rhin. Crues hivernales pour l’Ill, printanières
pour le Rhin. Mais lorsqu’une crue précoce du Rhin et une crue tardive de l’Ill faisaient que les deux cours d’eau mêlaient leurs eaux de débordement, c’était toute la plaine du Rhin qui se trouvait sous les eaux. Malgré ce risque, partout dans le Haut-Rhin, et particulièrement depuis la fin du 19e siècle, l’homme a empiété sur les zones inondables et sur les lits majeurs en y implantant maisons, usines, commerces, routes… Des situations dont nous avons héritées et qu’il nous faut aujourd’hui gérer. Aussi brutales et dévastatrices qu’elles peuvent l’être, les inondations remplissent également de nombreuses fonctions bénéfiques tant pour l’agriculture que pour la recharge des nappes phréatiques dans lesquelles nous puisons notre eau potable. Il s’agit donc tout autant pour notre collectivité de se protéger des excès de nos cours d’eau, que de préserver un patrimoine inestimable.


Le barrage de Kruth-Wildenstein assure un rôle essentiel de stockage d’une partie des eaux de crues.


Le Département a développé une ingénierie hydraulique pour la
renaturation des cours d’eau et la protection contre les inondations


Grâce entre autres aux 37 stations de mesure de niveau des cou rs d’eau
le Département a développé un modèle de prévision des crues.

 TOUS SYNDIQUÉS !

Le Département du Haut-Rhin a la particularité unique en France d’entretenir des centaines de kilomètres de cours d’eau grâce aux Syndicats de rivières. Créés entre 1898 et 1908 à l’époque de l’annexion de notre territoire au Reichsland, les syndicats de rivières ont défendu voilà plus d’un siècle déjà, l’idée d’une gestion globale et systémique de nos cours d’eau, d’une solidaritéamont-aval. Cette philosophie nous en avons héritée et nous l’avons cultivée. Aujourd’hui, ce sont 254 communes riveraines des principaux cours d’eau qui sont regroupées au sein de 14 syndicats mixtes de rivières avec, à leurs côtés, le Département qui leur apporte son soutien technique et financier. Une organisation qui permet une gouvernance adaptée à chaque syndicat mais surtout un coût de fonctionnement très faible grâce à une mutualisation des moyens.

Ce travail, le Département va désormais le poursuivre dans le cadre d’un nouveau syndicat dont le périmètre est amené à couvrir l’ensemble du bassin de l’Ill.

IL N’Y AURA JAMAIS DE RISQUE ZÉRO

A l’heure où la loi NOTRe confie aux communes et aux groupements de communes de nouvelles responsabilités pour la gestion des milieux aquatiques et des inondations, le Département et les syndicats de rivières peuvent afficher un bilan des plus positifs. Grâce à plus de 170 millions d’euros d’investissements au cours de ces 30 dernières années, les 10 barrages départementaux, les 950 seuils et vannages, les 50 bassins de rétention de crues, les 250 km de digues et l’ensemble des ouvrages hydrauliques ont pu bénéficier d’un entretien constant. Rien toutefois n’est jamais acquis en matière de gestion des crues et le risque zéro n’existera jamais. Si l’on peut raisonnablement penser que nos efforts permettent de protéger les Haut-Rhinois jusqu’à la crue centennale, les événements exceptionnels continueront à les atteindre. Les bouleversements climatiques en cours risquent par ailleurs d’avoir des conséquences non négligeables sur l’ampleur des crues à venir. Les modèles prospectifs les plus fiables en effet prévoient tous des épisodes pluvieux beaucoup plus intenses.

Rien n’est jamais acquis en matière de gestion des crues et le risque zéro n’existera jamais. Les événements exceptionnels continueront à nous atteindre            

 

Monique Martin

Conseillère départementale du Canton de Wintzenheim
Présidente du Syndicat Mixte de la Fecht aval.

Nos rivières ont trop longtemps été considérées comme de simples chenaux évacuateurs d’eau. Or une rivière est un organisme vivant, complexe, une longue suite d’enchaî-nements. Un équilibre fragile que l’homme a trop longtemps contribué à perturber par ses aménagements. Depuis plus de 20 ans, notre Département s’est fait une spécialité en matière de renaturation des cours d’eau. Très concrètement, ce sont des dizaines de milliers d’arbres qui ont été plantés le long des berges, des bras morts qui ont été remis en eau, les derniers tronçons sauvages de rivières et leurs zones inondables qui ont été acquis et protégés, des champs d’épandage qui ont été reconstitués afin de stocker l’eau excédentaire et de limiter les risques de coulées de boues. Le maître mot des aménagements actuels est de retrouver des rivières vivantes formant l’ossature d’une trame environnementale et de retenir le maximum d’eau en préservant les zones inondables.