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Handicap : VIVRE À PART ENTIÈRE DANS LA SOCIÉTÉ

En France, qu’il soit ou non en situation de handicap, chacun doit pouvoir être acteur de sa propre vie, bénéficier des mêmes droits (au travail, à l’école, au logement…) et des mêmes chances. Membre à part entière de la société, chacun doit pouvoir y participer et en être un citoyen comme les autres (voter, par exemple). C’est en substance ce qu’affirme la loi n° 2005-102 du 11 février 2005. Pour certaines personnes, entravées dans leurs mouvements ou perceptions, confrontées à des incapacités ou à des difficultés, cela nécessite d’être aidé par des dispositifs techniques ou accompagné par d’autres personnes. Autant que possible, ces aides doivent leur permettre de s’insérer dans la vie ordinaire de tout un chacun. La société a le devoir de mettre en oeuvre ces dispositifs et ces aides pour s’adapter elle-même aux personnes en situation de handicap et les inclure parmi tous ses membres, au même titre que tous. C’est ce que l’on entend lorsque l’on parle de « l’inclusion des personnes handicapées dans le milieu ordinaire. » Travail, loisirs, déplacements, scolarité, sports… dans tous les domaines de la vie, des solutions sont mises en oeuvre par l’Etat, les collectivités locales et de très nombreuses associations pour y parvenir. Ces pages vous en donneront quelques exemples.

 

CONDUIRE, UNE CLÉ POUR L’AUTONOMIE

Conduire avec un handicap, cela peut être possible avec quelques aménagements. Ils permettent d’accélérer ou de freiner avec les mains, de manoeuvrer le volant d’une seule main ou bien encore d’accélérer avec le pied gauche. Le permis est alors dit « adapté » mais la liberté de se déplacer est bien réelle. Le programme « Conduire », proposé par le Centre de réadaptation de Mulhouse, permet, en deux demi-journées, d’évaluer (gratuitement) la situation et les besoins spécifiques du candidat ; à l’issue, une liste de conseils sur les démarches administratives à accomplir et les possibilités d’aides financières.

Une organisation est inclusive lorsqu’elle module son fonctionnement, se flexibilise pour offrir, au sein de l’ensemble commun, un « chez soi pour tous »

Charles Gardou « La Société inclusive, parlons-en » Ed. Erès 2012

CHAQUE PROJET DE VIE EST UNIQUE

Parmi les droits instaurés par la loi de 2005, figure celui à la compensation des conséquences du handicap. Cette compensation tient compte du projet de vie individuel de la personne. La Prestation de Compensation du Handicap (PCH), qui en découle, est par conséquent modulable en fonction du degré d’autonomie, de l’âge, et du lieu de résidence (à domicile ou en établissement) de la personne concernée. Cette prestation peut servir, par exemple, à financer l’aide d’une personne à domicile, l’achat d’un fauteuil, l’aménagement du logement ou d’un véhicule, les surcoûts liés au transport ou encore l’aide d’un chien guide d’aveugle.

 

Les aménagements d’accessibilité bénéficient à tous, pourquoi s’en priver ?

 

OUI AU TOURISME POUR TOUS

Maquette tactile, audioguides, carnets de visite en braille… A Riquewihr et ailleurs, l’association des « Plus Beaux villages de France » incite les communes à faciliter leur visite aux déficients visuels. Quant au label « Tourisme et Handicap », il signale des sites et des activités accessibles en complète autonomie aux personnes en situation de handicap.

Selon l’Organisation mondiale pour la santé (OMS), la dépression représente le 1er facteur d’incapacité sur le plan mondial ; elle a augmenté de 18 % en 10 ans.

 

QUAND VIVRE CHEZ SOI NE VA PAS DE SOI

Lever la jambe, par conséquent accéder à sa baignoire, était devenu chose impossible pour Pierre. Tout comme monter à l’étage où se trouve sa chambre. Avec l’aide d’un ergothérapeute de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) des solutions ont été trouvées : une douche à siphon plat, un siège monteescalier… et la vie peut continuer sous son toit. Bien pensés, de tels dispositifs, et de beaucoup plus simples (couverts à manche ergonomiques, ouvre boîte électrique…), peuvent donner l’autonomie nécessaire pour permettre à une personne en situation de handicap de vivre chez elle. Si tel n’est pas le cas, le maintien à domicile peut encore être assuré grâce au soutien d’un membre de la famille reconnu et rémunéré, d’un auxiliaire de vie sociale ou d’un prestataire pour accompagner ou effectuer les tâches quotidiennes indispensables : toilette, habillage, ménage, préparation et portage des repas… Le conseil départemental contribue à ces dispositifs ; sous certaines conditions, d’autres intervenants, dont l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) et la Sécurité sociale, y participent également. Chaque situation et chaque projet de vie étant unique, il revient aux équipes médico-sociales de la MDPH de les évaluer pour composer l’assemblage des prestations qui conviendra le mieux à chacun. Objectif : vivre chez soi, autant que possible si tel est le désir exprimé.

APPRENDRE AVEC LES AUTRES

En France, être scolarisé est obligatoire. Le code de l’éducation précise que « l’Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés ». Les établissements spécialisés ou les services médico-sociaux ne constituent qu’un ultime recours lorsque le handicap est trop important.

 

Se rencontrer, danser, s’amuser… L’Association départementale de parents et amis de personnes handicapées mentales (Adapei) « Papillons Blancs » organise des soirées discothèques.

 

Tatiana est « Accompagnante des élèves en situation de handicap » (AESH). Elle intervient auprès d’élèves capables avec un peu d’aide (parfois plus) de suivre une scolarité au milieu des autres élèves. « Il n’y a pas un handicap identique à un autre, à nous de nous adapter : aider l’élève à sortir ses affaires, prendre note des leçons quand il fatigue, aller faire des agrandissements de copie pour un malvoyant… »

 

Dans le Haut-Rhin, 17 enseignants référents conseillent les équipes enseignantes, aident à l’évaluation des besoins de chaque enfant handicapé et veillent aux conditions dans lesquelles se réalise la scolarisation.

 

Avec la plus grande discrétion pour ne pas déranger la classe, mais toujours avec passion en ce qui concerne Tatiana. « Nous échangeons avec l’enseignant qui connaît bien son élève et parfois avec les parents pour parvenir à faire de notre mieux ». L’accompagnement est toujours individuel, qu’il soit à temps plein, à mi-temps ou juste d’une heure par jour. Tatiana est une AESH « volante ». Elle intervient au pied levé pour des remplacements de l’école maternelle au lycée : un statut quasi unique qui n’existe guère dans d’autres départements. Mais certains de ses élèves vous diront qu’en vérité c’est un ange…

 

LE HANDICAP EN CHIFFRES DANS LE HAUT-RHIN

2 sites (à Colmar et à Mulhouse) pour la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH)

80 personnes en moyenne accueillies chaque jour sur l’ensemble de ces 2 sites

+ de 60 000 personnes ayant un droit ouvert auprès de la MDPH + de 25 000 personnes bénéficiant d’une Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH)

 

Le Parc du Petit Prince à Ungersheim est particulièrement bien adapté aux personnes à mobilité réduite, excepté certaines attractions aériennes inaccessi bles pour raison de sécurité.

 

TRAVAILLER EN MILIEU ORDINAIRE

Etre reconnu « travailleur handicapé », ce n’est pas forcément tirer un trait sur le monde du travail ordinaire. Des moyens existent pour permettre de conserver son emploi, de se former ou d’accéder à un emploi. Le parcours de Ghislaine est un exemple.

Le sourire était le propre de Ghislaine. La dépression sournoisement enfouie au fond d’elle lui est « tombée dessus » sans prévenir. Le début d’un très long et très difficile parcours qu’elle accepte de dévoiler « parce qu’aujourd’hui je vais bien et j’adore mon métier ». Après trois ans d’arrêt et plusieurs hospitalisations, Ghislaine sait que sa seule issue est « de s’y remettre ». Elle y parvient mais son corps ne suit pas. Elle ne s’attend pas au diagnostic du médecin du travail : toujours cette vieille dépression qu’elle croyait avoir surmontée. Perte d’emploi, nouveau parcours de soins et conclusion identique : il lui faut absolument retravailler. Mais, cette fois-ci, la « Reconnaissance de sa qualité de travailleur handicapé » (RQTH) lui permet d’emprunter un autre chemin. Orientée vers le Service d’accompagnement vers l’emploi du Haut-Rhin (SAVE 68) Sinclair, elle n’est plus seule. Pendant plus d’un an, Maryline Adam, Chargée d’insertion professionnelle, l’accompagne pour cerner ses compétences, ses centres d’intérêts et ses désirs, élaborer un CV, des lettres de motivation, préparer des entretiens... « Aujourd’hui, je collecte le courrier à La Poste, je vois du monde, je suis bien reçue partout, j’aime ce que je fais ». Le poste de Ghislaine entre dans les 6 % de postes que toute entreprise de plus de 20 salariés est tenue de réserver aux personnes handicapées. Elle a retrouvé sa place dans le monde ordinaire du travail… et son sourire.

 

Le SAVE Sinclair, qui a accompagné Ghislaine, parvient à réinsérer en milieu ordinaire de travail la moitié des personnes qui lui sont adressées. Il est financé par l’Association de gestion et de l’emploi des fonds pour l’insertion des personnes handicapées (AGEFIPH).

 

LA MDPH, UN GUICHET UNIQUE POUR LES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP

Karine Pagliarulo
Vice-Présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin et Présidente de la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH)

 

Les situations liées au handicap sont extrêmement diverses. Pour permettre aux personnes concernées de mettre en oeuvre un projet de vie (orientation scolaire, insertion professionnelle, formation…), différents organismes tels que la Caisse de solidarité nationale pour l’autonomie, la Sécurité sociale, la Caisse d’allocations familiales, l’État, les Conseils départementaux et les autres partenaires du handicap se sont regroupés pour constituer les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH). Ces « Maisons départementales » constituent le guichet unique d’accueil, d’information, de conseil et d’attribution des droits pour les personnes en situation de handicap et leurs familles. Elles jouent aussi un rôle de sensibilisation au handicap vis-à-vis de tous les citoyens. Pionnière en matière de dématérialisation et de modernisation des processus, la MDPH du Haut-Rhin obtient des délais de traitement des dossiers parmi les plus courts de France. Je tiens également à souligner, dans notre département le fructueux partenariat entre l’Etat, l’Education nationale et les nombreux partenaires associatifs qui permet la scolarisation en milieu ordinaire (classes ordinaires et ULIS) de près de 3 000 élèves en situation de handicap.

En juillet dernier, la MDPH-Colmar a déménagé dans de nouveaux locaux au 125 avenue d’Alsace. Retrouvez-la aussi sur www.haut-rhin.fr et sur AMDPH 68