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Fermeture de la centrale de Fessenheim : UN NOUVEAU MODÈLE EST POSSIBLE

La fermeture de la centrale de Fessenheim doit être l’occasion pour notre territoire de s’inventer un nouvel avenir énergétique et économique.

Fessenheim, la doyenne des centrales nucléaires françaises va fermer par anticipation. Son arrêt estconditionné à la mise en service de l’EPR de Flamanville qui pourrait intervenir d’ici l’été 2019. Cette fermeture suscite des craintes justifiées pour l'ensemble du territoire concerné ainsi que pour la sécurité de notre approvisionnement énergétique.

La centrale emploie actuellement 800 agents EDF et 330 prestataires auxquels il convient d’ajouter 1 200 emplois induits. A terme, il ne restera tout au plus que 50 à 80 agents employés à son démantèlement. Avec ses 1 800 MW de puissance, la centrale fournit 65 % de la consommation alsacienne d’électricité et satisfait au besoin de nombreuses industries de la bande rhénane dont la dépendance à l’énergie électrique est très forte.
Compenser au plus vite les emplois perdus et préserver le potentiel industriel de notre département est dès lors notre absolue priorité.

A LA CROISÉE DES CHEMINS

Il est incontestable que les temps changent et que  nous sommes bien au coeur d’une transition énergétique, sociale, économique, environnementale, qui nous pousse à changer de cap. Nous pouvons aujourd’hui ouvrir de nouvelles voies et adopter des options durables, radicalement nouvelles.

UN LABORATOIRE TRANSFRONTALIER

La transition énergétique et économique n’aura de résultats positifs qu’au prix d’importants investissements dans la recherche et l’innovation. Mais notre seule détermination ne sera pas suffisante. Un soutien financier important de l’Etat pour promouvoir ce nouvel environnement économique et énergétique sera nécessaire. De même que le strict cadre haut-rhinois ne peut à lui seul être le garant de l’avenir de notre département. La prospérité future de notre territoire est étroitement liée à notre capacité à imaginer et à construire un avenir qui dépasse les frontières. Nos partenaires du Rhin Supérieur sont avides de coopération en la matière.

Nous devons imaginer le premier espace inter Etats en Europe. Un ensemble transfrontalier qui raisonne en termes de réseau, de partenariat et de mise en synergie des intelligences locales.

Ces défis qui nous attendent dépassent largement la sphère technologique car ils nécessitent à la fois du courage politique, un changement radical dans la manière de produire l’énergie et un bouleversement non moins profond dans nos manières de la  consommer et de la produire. La bonne nouvelle est que ces changements permettent tous les possibles et que notre territoire dispose d’un formidable potentiel d’énergies renouvelables. Le Haut-Rhin a été le premier département nucléaire de France. Demain, il peut être un pionnier des énergies vertes et du développement durable ! C’est l’ambition que le Conseil départemental se donne. 

La zone économique francoallemande devra bénéficier de toutes les connections : port fluvial, accès ferroviaire, liaison vers les autoroutes A35 et A5 ainsi que vers l’aéroport allemand de Bremgarten.

DEMAIN SE DÉCIDE AUJOURD’HUI

Demain, le projet de future zone test économique et écologique francoallemande s’étendrait sur 200 ha entre les installations nucléaires de Fessenheim et le centre de recherche agronomique de Nambsheim. Une zone qui accueillerait des entreprises, un centre de recherche trinational dans les domaines de l’énergie, du bâtiment et des énergies du futur…

Centre de recherche Nambsheim

Il est proposé de réaliser un centre de recherche trinational à Nambsheim dans la zone franco-allemande. Ses domaines de compétences pourraient être l’énergie et son stockage, le bâtiment, le véhicule du futur, l’industrie de demain…

INVENTONS NOTRE AVENIR ÉNERGÉTIQUE 

La fermeture de la centrale de Fessenheim devra s’accompagner d’un plan de diversification énergétique et d’une production de substitution conséquente afin d’assurer la pérennité de notre approvisionnement énergétique. Dans un monde où la demande globale d’énergie devrait augmenter et où les conséquences du changement climatique devraient s’accentuer, il n’existe qu’une seule solution viable : la promotion des ressources énergétiques renouvelables et d’une économie circulaire décarbonée. 

Notre  collectivité a fait l’inventaire de la totalité du potentiel en énergies renouvelables : hydraulique, géothermie profonde, photovoltaïque, éolien, méthanisation, combustibles de récupération… Aucun gisement n’a été négligé, mais tous ont bénéficié d’une expertise  préalable complète afin d’en évaluer la parfaite cohérence environnementale. Afin de répondre aux inquiétudes justifiées de nombreuses industries, laminoirs et usines chimiques entre autres, où la moindre interruption dans l’alimentation électrique peut avoir des  conséquences économiques désastreuses, il nous paraît indispensable d’installer une centrale au gaz de 600 MW sur le site de Fessenheim afin de garantir à notre territoire une alimentation en énergie électrique fiable. Le gaz qui alimenterait cette centrale serait d’origine renouvelable et proviendrait de la méthanisation, ou, un jour, de la méthanation.

EN CHIFFRES

11 500 GWh la production de la centrale nucléaire de Fessenheim
2 070 GWh le potentiel en énergies renouvelables de notre territoire
2 500 à 4 500 GWh la production de la centrale à gaz en projet
120 GWh les économies escomptées pour la seule rénovation de 10 000 logements «passoires thermiques»

UN DÉFI DE TAILLE : LE STOCKAGE 

bassin potassique
Le Bassin Potassique offre de nombreuses possibilités de stockage d’énergie par air comprimé. 

Notre territoire représente un énorme potentiel en ressources énergétiques renouvelables. Pour en tirer parti au maximum, nous aurons à relever le défi du stockage. C’est indispensable pour limiter sérieusement notre dépendance aux énergies fossiles. Le soleil, le vent, la biomasse, la géothermie… représentent en effet de grandes quantités d’énergies propres. Nous devrons être capables de recueillir, stocker et transporter cette énergie à une échelle suffisante afin de pouvoir l’utiliser au moment et à l’endroit où nous en avons besoin. 

Très localement, à l’échelle d’un foyer, d’un immeuble, d’un quartier, le stockage d’énergies pourra se faire dans des batteries. A plus grande échelle, le problème est infiniment plus complexe et le Département a mis à l’étude  plusieurs projets et  techniques qui concernent notamment la production et le stockage d’hydrogène, le stockage par air comprimé, le pompage-turbinage, le stockage thermique. L’une des missions du futur centre de recherche de Nambsheim sera de développer ces techniques  prometteuses et riches d’avenir.

 

Economie d’énergie et développement des énergies renouvelables seront source de création d’emplois, d’une qualité de vie améliorée et d’une compétitivité économique renforcée.

 

cadastre

Grâce à des modèles numériques de terrain, le Département se propose de mettre en ligne un véritable cadastre solaire et de mettre en place un numéro vert permettant d’obtenir pour chaque bâtiment un renseignement non commercial pour connaître les véritables capacités des toitures  et une fourchette d’investissement et de rendement réaliste.

TOUS ENSEMBLE POUR UNE SOCIÉTÉ MOINS ÉNERGIVORE

L’efficience énergétique est une composante majeure du développement durable. De façon générale, seule une partie de l’énergie initiale est véritablement utilisée pour fournir des biens et des services et contribuer à notre qualité de vie. Les progrès technologiques, l’amélioration de l’isolation des bâtiments, les réseaux intelligents, les normes et l’étiquetage relatifs à l’efficacité énergétique peuvent contribuer à réduire au minimum les pertes d’énergie. C’est pourquoi, et parallèlement à son engagement en faveur des énergies renouvelables, le Département a fait de la lutte contre la précarité énergétique, le développement des aides en faveur de la rénovation thermique des logements… le second volet de son plan d’action en faveur d’une société plus autonome et moins énergivore.

La sobriété énergétique est un formidable projet de société et de  citoyenneté qui en appelle à l’intelligence et à la sensibilité de tous. La meilleure énergie sera toujours celle que l’on ne consomme pas et que l’on ne paie pas. Un certain nombre de mesures toutes simples permettent de réduire de 20 % les consommations d’énergie des ménages. « Tu  m’enseignes » affirmait Benjamin Franklin « je me souviens. Tu m’impliques, j’apprends ». La transition énergétique ne va pas seulement bouleverser notre façon de consommer l’énergie mais aussi celle de la produire avec le passage d’un nombre très limité de producteurs à une  production décentralisée impliquant une multitude d’acteurs puisant dans le vaste potentiel local d’énergies renouvelables. Un changement radical de modèle dont le grand mérite sera de permettre à tous les Haut-Rhinois de redevenir les acteurs à part entière de leur vie et de leur territoire.

éco musée

Le bâtiment reste le parent pauvre de la recherche et du développement. Et pourtant, le résidentiel fait quasi jeu égal avec les transports en termes de consommation globale d’énergie. Ecomusée d’Alsace. Maison alsacienne du 21e siècle. Architecte : Mathieu Winter

 

Le Haut-Rhin a été le premier département nucléaire de France. Notre ambition est d’en faire le premier territoire qui produira localement une énergie propre et renouvelable 

Brigitte Klinkert Présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin 

 

FACE AUX ENJEUX, DES ÉLUS MOBILISÉS

Les enjeux économiques et énergétiques liés à la fermeture de Fessenheim sont considérables pour l’avenir du territoire. Il y a donc obligation à mettre en oeuvre un nouveau modèle de développement. 

Dans cette perspective, le Département, aux côtés de l’Etat est à l’origine de la création de 5 groupes de travail (énergie, infrastructures, fiscalité, aménagement de la zone, économie) auxquels participent activement 5 conseillers départementaux : Brigitte Klinkert Présidente, Alain Grappe, Président de la commission transports, Betty Muller et Michel Habig, conseillers départementaux du bassin de vie de Fessenheim et donc directement concernés ainsi que Lara Million en charge des finances. A leurs côtés les services de l’Etat concernés, les élus locaux et les parlementaires, les chambres de commerce et d’industrie et l’ensemble des acteurs économiques.

Un plan d’une telle ambition ne peut réussir que s’il est porté par les femmes et les hommes du territoire. Il est donc proposé d’accompagner financièrement toutes les personnes qui créeront ou reprendront une activité économique locale. Une aide financière qui devra être accompagnée par des aides à la formation et un suivi de l’entreprise dans les cinq premières années de son existence.

Rappelons que la centrale de Fessenheim (1800 MW de puissance) permet de satisfaire 65 % des besoins de la consommation alsacienne. Le revenu de 5 000 personnes dépend directement ou indirectement de la centrale. Sa fermeture va faire perdre aux collectivités locales 14,3 millions d’euros de recettes fiscales.

La région du Rhin Supérieur produisait jusqu’il y a peu 15 000 MW. Avec la fermeture de Fessenheim, des centrales nucléaires allemandes et centrales suisses, la puissance résiduelle disponible dans le Rhin Supérieur ne sera plus que de 4 000 MW à l’échéance 2025 pour une consommation de pointe de 22 000 MW alimentant un des plus importants centres industriels d’Europe, riche de 6 millions d’habitants.