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Entretien des Routes : le gravillon c’est tout bon !

Chaque année sur les 2 500 km de routes départementales environ 700 000m2 sont gravillonnés. Une opération qui prolonge de 10 ans environ la durée de vie d’une chaussée Mal aimé des conducteurs, des motards, et des cyclistes, le gravillonage est la solution la plus économique et la plus efficace pour entretenir les routes. Explications.

Colmatées par l’émulsion et
les gravillons, ces fissures ne se dégraderont plus sous l’effet du gel.May 2016. Ce lundi matin de mai, le soleil donne le top départ de la campagne de gravillonnage. Depuis la livraison de l’émulsion mercredi dernier, l’équipe est dans les starting-blocks. Il y en a pour environ trois semaines. De quoi traiter les routes du secteur… avant d’en attaquer un autre avec un nouveau « biberon » d’émulsion. C’est parti ! Au volant du camion : Florent, spécialiste de la marche arrière. Sur la passerelle : Jérôme, le « vanier », expert des manettes qui déterminent la largeur de la bande de projection de l’émulsion. Un peu plus loin : Pascal, le « ravitailleur » qui, le moment venu, remplira la benne de gravillons. Son stock l’attend à l’écart. En amont et en aval, deux collègues gèrent la circulation. Deux autres, sur les côtés, sécurisent les intersections. Un cinquième ramène vers l’émulsion les graviers égarés. L’ensemble avance à la cadence de l’engin en marche arrière. L’émulsion projetée sur tout ou partie de la voie est aussitôt recouverte d’une couche homogène de gravillons. Le reste, ou presque, dépendra de nous, les usagers de la route, acteurs à part entière de la seconde partie de l’opération : le compactage.

Limitation respectée, véhicules préservés

Les graviers utilisés pour le gravillonnage sont de taille différente selon qu’il s’agit d’un chantier en agglomération ou hors agglomération ou encore d’une opération partielle (PATA) ou d’un revêtement général (de 4-6 mm à 10-14 mm). Pour leur bonne prise dans l’enduit, il est important de rouler à vitesse réduite. C’est la raison pour laquelle celle-ci est limitée à 50 km / h. A cette vitesse, les gravillons non encore encollés ne sont pas projetés au-delà du pare-choc. Respecter cette limitation est donc essentiel pour l’automobiliste et son véhicule. Après aspiration et balayage, quelques gravillons résiduels peuvent encore être éjectés par les véhicules vers les bords de la chaussée où circulent habituellement les cyclistes. Une vigilance un peu prolongée leur est nécessaire.

Emulsion, gravillons, premier compactage par les roues du camion: trois opérations en une, c’est la spécificité du camion PATA.

Après aspiration et balayage, les gravillons encollés donnent une nouvelle adhérence à la route. Le gravillonnage, c’est 48h d’embarras pour des années de gagnées. Le trafic sur les gravillons pendant ces deux jours participe au succès de l’opération

 

Les étapes d’un gravillonnage réussi

Sur la route, le gravillonnage est annoncé un mois avant son démarrage. Mais le véritable jour J est conditionné par les prévisions météo. Les étapes de l’opération se déroulent ainsi :

  1. Projection d’une émulsion eau-bitume, collante et étanchéifiante, aussitôt suivie d’une projection de gravillons.
  2. Compactage des gravillons par les véhicules qui empruntent la route. Cette étape dure de 24 à 48h selon le trafic. Pour une bonne prise de l’émulsion, il ne doit pas pleuvoir et la température ne doit pas descendre en dessous de 8-10° sous peine de devoir recommencer.
  3. Aspiration des gravillons qui n’ont pas adhéré à l’émulsion.
  4. Balayage de finition. Selon l’usure ou la dégration de la couche de roulement de la chaussée, celle-ci peut être gravillonnée en totalité ou uniquement sur des zones ciblées en longueur et en largeur. Cet usage partiel de l’émulsion et des gravillons fait appel à la technique du point à temps automatique (PATA). L’engin qui la met en œuvre porte également ce nom.

Alain Grappe

Alain Grappe, vice-président du conseil départemental, canton de Guebwiller. Colmar, le 13 May 2016.

Vice-Président du Conseil départemental du Haut-Rhin Il est également Président de la commission voirie, infrastructures et transports

« La route indestructible n’a malheureusement pas encore été inventée. Tout enrobé finit par se fissurer. L’objectif du gravillonnage est de reboucher ces fissures avant que, d’hiver en hiver, elles ne s’accentuent et ne mettent en péril la sécurité des usagers. Cette technique d’entretien permet de rallonger considérablement la durée de vie des couches de roulement. Elle est cinq fois moins onéreuse que la mise en œuvre d’un nouvel enrobé. C’est donc un choix économique décidé par les élus départementaux. La gêne de 2, 3 ou même 4 jours pour les usagers est à mettre en regard de ces économies. Une fois stabilisé, le gravillonnage donne une nouvelle adhérence à la chaussée, gage de sécurité. C’est ainsi que les routes haut-rhinoises sont maintenues en bon état malgré les énormes contraintes de notre budget départemental. J’en profite pour remercier toutes les équipes qui contribuent au quotidien à la qualité de notre réseau. »

Plus d’informations sur : Consultez la carte des chantiers en cours sur les routes départementales (gravillonnage et autres) : www. inforoute68.fr