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Claudio CAPEO : Itinéraire d’un chic type

Claudio CAPEO

Le Haut-Rhinois Claudio CAPEO est la révélation musicale française de l’année. « Un homme debout », disque de platine, s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires.

« Claudio, c’est une belle histoire. Qui nous dit que le plus sûr moyen de gagner n’est pas toujours de franchir la ligne d’arrivée en tête. Qui nous dit que la persévérance, la fidélité a un idéal, permettent de franchir tous les obstacles. Une belle leçon pour tous ceux qui veulent voler de leurs propres rêves.
Claudio et ses amis ont écumé les salles de concert alsaciennes pendant plus de 8 ans. Une quête de reconnaissance que vient récompenser en 2011 un concert devant les 10 000 personnes de la coquille de la Foire aux Vins de Colmar en première partie de Yannick Noah. Lorsque le directeur de casting de The Voice repère Claudio et lui propose de tenter l’aventure, ce dernier hésite pourtant. « La télé, ce n’était vraiment pas mon truc, d’ailleurs je ne me considérais pas comme un artiste, plutôt comme un chanteur de salle de bains ou tout au mieux un gueuleur de rue. Et puis, me mettre en avant sans mon groupe, sans mes potes de toujours, non je ne voulais pas. » Ce sont finalement ces derniers qui réussiront à le convaincre.

Chez Ruquier et Drucker

The Voice, c’est la fosse aux ours, le grand cirque où l’on peut gagner gros, mais bien plus vite encore tout perdre. Claudio réussira à toucher le public avec une belle reprise de « Chez Laurette » de Michel Delpech mais s’inclinera lors de l’épreuve des battles sur le titre « Mathilde » de Jacques Brel. Un tout petit tour mais qui lui suffira à se faire remarquer par le producteur de ZAZ qui lui fera enregistrer un disque dont la chanson « Un homme debout » fera un véritable carton. 40 millions de vues sur YouTube, 100 000 albums vendus, des invitations chez Ruquier et Drucker. « C’est énorme, je n’en reviens toujours pas ».

en chiffres

  • 1985 Naissance à Steinbach, près de Cernay
  • 2011 Première partie de Yannick Noah à la Foire aux Vins de Colmar
  • 2016 40 millions de vues sur YouTube pour le clip « Un homme debout »

Je ne veux pas changer

Non, il n’en revient toujours pas Claudio de son succès. Et d’ailleurs, ne l’appréhende-t-il pas un peu ? « Je ne veux pas changer, j’ai envie de rester le même » répète-t-il dans chacune de ses interviews. Aucun risque Claudio, tes racines sont solides et profondes. Né à Steinbach, près de Cernay, Claudio est issu d’une famille d’immigrés italiens. « Mon père était ouvrier à l’usine, ma mère gardait des enfants. Nous n’avons jamais été bien riches mais je n’ai jamais manqué de rien. J’ai eu une enfance et une jeunesse heureuses. Mes parents ont toujours tout fait pour cela ». « Claudio, c’est du solide » confirme Pierre-Jean Ibba, le directeur de l’ED&N de Sausheim, une salle qui a contribué à faire grandir l’artiste. « C’est un gros bosseur, il est généreux, donne énormément de sa personne sur scène, qu’il soit devant 30 ou 1 000 personnes. Et il possède une qualité rare et magnifique : il est fidèle. Ses copains et musiciens de toujours, il les a imposés à son producteur parisien, ce qui n’était vraiment pas gagné. Claudio, c’est le goût du partage. Il n’aurait jamais voulu du succès pour lui tout seul ».

Claudio est généreux, fidèle à ses potes de toujours. Jamais il n’aurait voulu du succès pour lui tout seul !

Des années de galère

Le texte de la chanson « Un homme debout » actuellement en tête des ventes s’inspire directement des années de galère du groupe.
« Si nous voulions percer, il nous fallait absolument larguer nos vies professionnelles, nous consacrer exclusivement à la musique ». La décision qu’il fallait prendre, indiscutablement, mais qui souvent permettra au doute de s’insinuer. « Pendant pas mal de temps, nous avons dû jouer dans le métro pour survivre. C’était la dèche et pourtant nous y avons rencontré des gens qui étaient dans une situation bien pire que la nôtre ».
Aujourd’hui, Claudio fait salle comble, touche de belles royalties et peut sérieusement envisager de vivre de la musique. Comment gère-t-il sa subite notoriété ?
« Mon succès ne va rien changer. Je n’ai absolument pas le goût de l’esbroufe. Mon unique ambition est d’être le plus près possible de ma famille, de cultiver l’amitié, de donner du bonheur à mon public, de parler des sujets qui me mettent en colère : la précarité, la misère des migrants… ». On ne doute à aucun moment de sa sincérité. D’ailleurs, l’ancien élève du lycée du bâtiment de Cernay vient de rénover de ses propres mains une maison dans son village de Steinbach. Une bien belle façon de cultiver ses racines afin de ne jamais être emporté par le vent du succès.