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Canton d’Altkirch - LE SUNDGAU A DU TALENT


Altkirch, chef-lieu de canton et capitale historique du Sundgau,
vue depuis le 7ème étage de la cimenterie

Région excentrée, à forte dominante rurale, le canton d’Altkirch n’en est pas moins un territoire où foisonne l’esprit d’initiative.

Né de la réunion des anciens cantons de Ferrette et d’Altkirch et pour moitié de celui de Hirsingue, le nouveau canton d’Altkirch est riche de 67 communes et 47 568 habitants.

Des premiers soubresauts du Sundgau aux crêtes calcaires du Jura alsacien, le canton d’Altkirch offre la plus étonnante palette de paysages. C’est ici que naît l’Ill, colonne vertébrale de notre région.

La cimenterie d’Altkirch est l’un des principaux employeurs du canton. La qualité de ses produits jouit d’une très grande et ancienne réputation.

Terre de cultures et de traditions, le canton d’Altkirch a donné à l’Alsace son plus puissant poète dialectophone, Nathan Katz. Ses sources vives et hautes futaies ont inspiré Eugène Guillevic et Jean-Paul de Dadelsen. Terre de liberté, elle a permis l’évasion vers la Suisse de nombreux résistants au cours du second conflit mondial dont le plus célèbre d’entre eux, le général Giraud. Une histoire qui ne s’écrit pas qu’au passé loin de là. D’innombrables et belles initiatives ont vu le jour dans le Sundgau au cours de ces dernières années qui semblent toutes partager une même ambition : contribuer à un authentique projet de société

LE SUNDGAU A LA FRITE

Après la carpe frite, la frite tout court serait-elle en train de devenir une nouvelle spécialité emblématique du Sundgau ? Le lancement de la première frite fraîche bio « made in Sundgau » en tout cas a fait un buzz sans pareil dans les médias et sur internet et la production devrait atteindre 40 tonnes dès cette année. Le jeune Jérémy Pflieger, 22 ans tout juste, fraîchement installé sur l’exploitation familiale à Spechbach-le-Bas aux côtés de son père José, lui-même pionnier du bio et de la vente directe, est il est vrai, un communicateur hors pair qui taille allègrement en pièces l’image du paysan taiseux de nos campagnes d’antan. [caption ]


Fini les corvées d’épluchage ! Les pommes de terre sous-vide et prêtes à l’emploi de Jérémy se conservent 8 à 10 jours au réfrigérateur.

Fini les corvées d’épluchage ! Les pommes de terre sous-vide et prêtes à l’emploi de Jérémy se conservent 8 à 10 jours au réfrigérateur. « Les femmes actives ont de moins en moins de temps, nos appartements ne disposent plus de la place nécessaire au stockage d’un sac de 25 kg de pommes de terre ». Un double constat qui a incité Jérémy et son père José à franchir le pas et à investir 130 000 euros pour l’installation d’une chaîne de transformation et d’une vaste chambre froide. Aux audacieux, le succès ! Frites fraîches, œufs, volailles… de la ferme Pflieger sont en vente dans leur magasin de proximité « Les champs de l’Ill » à Spechbach-le-Bas.

FAUT-IL ENCORE CONSTRUIRE DES MÉDIATHÈQUES ?

Les murs de la future médiathèque d’Altkirch sont sortis de terre. Ses détracteurs ont contesté son utilité sous prétexte qu’un simple iphone permettait de se connecter au monde entier. Mais une médiathèque n’est-elle pas bien plus qu’un simple lieu de consommation culturelle ? La culture doit être un outil de développement, d’ouverture, de partage. Une médiathèque est un lieu d’animations, de débats, de rencontres. Parce que la culture ne vaut que lorsqu’elle est partagée. Une médiathèque a pour tâche d’assurer légalité d’accès à la lecture et à la culture.

ON N’A PAS DE PÉTROLE MAIS ON A DU GAZ

Comme nombre d’éleveurs de la filière laitière, l’exploitation de Philippe Holler à Moernach connaît des problèmes de rentabilité. La diversification des activités devient dès lors une question de survie pour nombre d’agriculteurs. Producteur d’énergie photovoltaïque depuis 2011, Philippe Holler a pu concrétiser en 2015 un projet de méthanisateur qui transforme 8 000 tonnes de matières organiques en biogaz, lui-même transformé en électricité. Une installation d’un coût de 1,5 million d’euros qui fournit les besoins en énergie de 400 foyers. Un projet d’une grande cohérence économique et écologique mais dont les bases restent fragiles. Car si la production laitière venait à s’effondrer, plus de vache, plus de lisier, plus de biogaz.

TERRE D’ACCUEIL

Heinrich coule une retraite paisible dans la région. Alfons après avoir manié la tron- çonneuse pendant 5 ans dans les forêts du Sundgau a trouvé l’amour en Allemagne et s’y est installé. Quant à Georg et à Gottlieb, ils sont toujours actifs, après plus de 37 années de bûcheronnage. Les 4 frères, issus d’une famille de 11 enfants, ont quitté leur Sud Tyrol natal dont les paysages enchanteurs n’offraient alors aucune perspective d’avenir à sa jeunesse en 1978 pour venir bûcheronner dans les forêts du Jura alsacien. Une terrible pluie verglaçante venait alors d’abattre des pans entiers de la belle hêtraie du Sundgau et la main-d’œuvre manquait cruellement pour débarrasser les milliers de mètres cubes de chablis qui l’encombraient. « C’est devenu chez nous ici. Nous retournons dans le Tyrol de temps à autre, mais dès que nous en repartons, c’est pour nous dire : on rentre à la maison !».

 SUNDGAU GUITARE HÉROS

Jacques Hengy a décidément de nombreuses cordes à sa guitare. Musicien professionnel, fondateur de l’orchestre de chambre de guitares d’Alsace, organisateur du très réputé festival international de guitare d’Alsace, Jacques est également un inventeur des plus ingénieux. «C’est en retapant une vieille bâtisse du Sundgau que j’ai commencé à m’interroger sur une méthode un peu moins fastidieuse pour le remplissage des murs à colombages». Et c’est ainsi que naît l’idée du colombage doublé, laissant l’ossature de bois apparente à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment. Une technique qui permet de préfabriquer des panneaux entiers de maison, de couler en trois opérations distinctes le crépi extérieur, le mélange isolant et l’enduit intérieur. Ne reste plus alors qu’à assembler la maison tel un grand jeu de construction

Une technique de construction qui revisite la tradition pour l’adapter aux exigences d’aujourd’hui

LE UKULÉLÉ QUI RÊVAIT DE JOUER COMME UNE CONTREBASSE

Cela pourrait être le titre d’une fable de La Fontaine dont la morale serait : « Le talent n’attend pas le nombre des années ». Au cours de l’année scolaire 2014-2015, 3 jeunes lycéens d’Altkirch, Alexandre Albisser, Antoine Aubel et Marceau Bamond -aujourd’hui tous les trois bacheliers avec mention très bien- passionnés de musique et de techniques et cornaqués par leur professeur de physique Frédéric Martin, ont participé au concours C.Génial. Leur contrebasse de la taille d’un ukulélé fait l’unanimité du jury parmi 130 projets et remporte le premier prix. A la clef, un voyage à Hong Kong où ils représenteront la France avec deux prototypes de guitare au concours international CASTIC. Souhaitons leur bonne chance mais soyons rassurés. Pour nos trois jeunes talents, la formule de la masse lineïque qui permet de paramétrer les tensions des cordes, ce n’est vraiment pas du chinois !

DES OUVRAGES ET DES BREUVAGES

A l’heure d’Amazon, il fallait une belle dose de passion et de courage pour se lancer dans la création d’une petite librairie indépendante, la seule de tout le Sundgau, de Ferrette jusqu’aux portes de Mulhouse. Geneviève Randé et Manuella Kueny l’ont fait. Et à côté des livres, proposent à leur clientèle de beaux flacons. La littérature et le vin n’ont-ils pas en commun de susciter la méditation et de nécessiter tous les deux un lent mûrissement ?

LE CANTON D’ALTKIRCH EN CHIFFRES

67 communes 47 568 habitants 516 km la longueur de la voirie départementale 70 le pourcentage de travailleurs frontaliers dans le territoire du Jura alsacien

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