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Biomédicaments : la demande mondiale booste l’emploi

Au printemps, Novartis annonçait un investissement de 100 millions d’euros dans l’extension de son Centre de biotechnologie situé à Huningue et la création d’une centaine d’emplois à l’horizon 2019-2020. Envie d’en savoir plus ? Suivez-nous !

Pour entrer sur le site, il faut montrer patte blanche. Les unités de production ne seront observées qu’à travers une vitre : cuves étincelantes, labyrinthes de tuyaux, écrans de contrôles et silhouettes immaculées plongent le visiteur occasionnel dans un univers de science fiction. « Nous travaillons sur un matériau extrêmement sensible que nous devons absolument protéger de l’environnement extérieur » explique Dirk Böhm, directeur du Centre de biotechnologie de Huningue, pour justifier ce niveau de précaution. Un matériau… secret ? Absolument pas ! Il s’agit de cellules vivantes, cultivées ici pour en extraire des protéines. D’une complexité impossible à obtenir par la synthèse chimique traditionnelle, ces molécules entrent dans la fabrication de quatre biomédicaments bien plus efficaces que les médicaments classiques. Leur force : agir de façon extrêmement ciblée dans l’organisme pour lutter contre l’asthme sévère, certaines inflammations, le rejet des greffes de rein et le psoriasis.

Inauguré en 2005, le Centre de biotechnologie de Huningue emploie près de 450 salariés hautement qualifiés, induit 1000 emplois à l’externe, prévoit la création de 100 emplois supplémentaires et exporte plus de 80% de sa production vers le marché mondial.


Le centre de biotechnologie de Huningue, à deux pas du
campus bâlois de Novartis, en arrière plan.  


Sous ce couvercle, un bioréacteur d’une hauteur de trois
étages, où se finalise la culture des cellules.


Oxygène, température, nutriments... la multiplication des
cellules nécessite une maîtrise parfaite de tous les facteurs.

Des cellules précieusement conservées

C’est parce qu’ils sont issus de matière vivante, en l’occurrence de cellules de petits mammifères, que ces médicaments bénéficient du préfixe « bio ». Pourtant, ici, point d’animaux. Le stock de cellules à l’origine de toute la production a été constitué il y a plusieurs années (jusqu’à quarante pour les plus anciennes). Conservées, tel un trésor, à - 180° C, ces cellules mères alimentent plusieurs « sous-stocks » d’où sont régulièrement prélevées de petites ampoules d’un millilitre. Mises elles-mêmes en culture dans des bioréacteurs de taille croissante (de 25 litres à 15 000 litres), elles permettront, après purification, de produire entre 100 et 300 kg de solution contenant la protéine, principe actif des biomédicaments. Ce process ininterrompu, 24h / 24 et 365 jours par an, mobilise un effectif de 450 salariés dont un quart est dédié à la qualité.

Des investissements constants au service de l’innovation

Le Centre de biotechnologie de Huningue est le principal site de production de biomédicaments du groupe Novartis. Confronté à une demande mondiale en pleine croissance, notamment pour son dernier produit phare - le traitement du psoriasis - le groupe a décidé d’investir afin d’augmenter sa production : quinze mètres rajoutés au bâtiment principal pour abriter une ligne de production supplémentaire. « Nous pourrons ainsi produire plusieurs médicaments en parallèle mais aussi disposer, à terme, de la capacité nécessaire à l’accueil de nouveaux produits », indique Dirk Böhm. Outre les 100 millions d’euros consacrés à cette extension, le Centre de biotechnologie investit, chaque année, 8 à 9 millions d’euros pour se maintenir à la pointe de la technologie. Un train d’avance qui, ajouté au savoir-faire des collaborateurs et à la bonne performance du site, a fait la différence avec d’autres centres de biotechnologie du groupe à travers le monde.

Un environnement économique particulièrement favorable


Pascale Schmidiger, conseillère départementale du
canton de Saint-Louis

Frontalier de l’Allemagne et de la Suisse, le canton de Saint-Louis accueille de nombreuses entreprises d’envergure internationale.

Au cœur du bassin de vie de Bâle, Huningue et toute l’agglomération de Saint-Louis bénéficient d’un environnement économique particulièrement favorable et dynamique : de nombreuses entreprises y sont implantées dont de grandes sociétés internationales dans les domaines des sciences de la vie, de l’aéronautique, de la mécanique, de la plasturgie ou encore de la recherche et du développement. Tout le tissu local des PME et TPE en bénéficie, avec un impact direct sur la création d’emplois pour les habitants de ce territoire et même au-delà. Ce dynamisme repose aussi sur nos atouts que sont les infrastructures de transport exceptionnellement diversifiées avec notamment un port et un aéroport connectés aux grands centres économiques mondiaux, une autoroute et, dans les années à venir, l’extension du tram de Bâle via la gare de Saint-Louis, un projet soutenu par le Conseil départemental.