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Arrêt cardiaque : les gestes qui sauvent !

140 personnes décèdent chaque jour en France d’un arrêt cardiaque subi. Beaucoup pourraient être sauvées grâce à deux actions simples : un massage cardiaque commencé dans les trois minutes, jusqu’à l’arrivée des secours et l’utilisation d’un défibrillateur. « L’urgence, c’est de former en masse » assène le Médecin Colonel Guy Fuchs du SDIS 68. « Dans les pays où 20 % au moins de la population connaît les trois gestes : alerter, masser, défibriller, une personne sur trois est sauvée sans séquelles ». En France, seul un patient sur vingt survit, souvent avec des séquelles neurologiques. Ce jour-là, les salariés et les élus du Conseil départemental du Haut-Rhin se succèdent, par sessions d’une heure, dans le hall du bâtiment. A genoux devant un mannequin réduit à sa plus simple expression - un torse et une tête - ils écoutent les explications, puis se lancent. Position du corps au-dessus de la victime, position des mains, et un et deux et… Un petit « clic » dans le torse du mannequin indique que le bon geste a été trouvé. Dans la salle, quelqu’un souffle: « si j’avais su… » Etape suivante : le défibrillateur. Celui-ci est en carton. L’objectif est de bien placer les électrodes sur le torse. Encore une fois, l’opération est simple comme bonjour. « De toute façon, martèle le Médecin Colonel, masser voire défibriller n’est jamais un geste dangereux, même pour qui n’en aurait pas besoin : le véritable danger, c’est de ne rien faire ».

Tout le monde est en capacité d’utiliser un défibrillateur

Depuis quelques années, des défibrillateurs automatiques sont installés dans de nombreux lieux publics: mairies, centres commerciaux, gymnases… et dans certaines rues passantes. Appelés DAE pour « Défibrillateurs Automatisés Externes », leur utilisation ne nécessite aucune formation ni aucune connaissance médicale. Il suffit de suivre pas à pas les instructions vocales données par l’appareil. Une fois les électrodes posées sur la victime, le défibrillateur effectue l’analyse et indique si nécessaire d’appuyer sur le bouton. Pour anticiper l’imprévisible, pensez à repérer l’emplacement des défibrillateurs de votre quartier ou dans les lieux que vous avez l’habitude de fréquenter. Pour vous y aider, consultez la carte de tous les défibrillateurs du Haut-Rhin sur www.dae68.fr.

Sur www.dae68.fr, repérez l’emplacement des défibrillateurs situés dans votre environnement quotidien.

Le défi de Minianne

Des actions de formation au secourisme existent. Dispensées par les sapeurs-pompiers et les associations de secourisme (Croix Rouge, Croix Blanche, Protection Civile…), elles sont de qualité mais touchent un nombre insuffisant de citoyens. La formation au massage cardiaque « MiniAnne » lance un défi : former 20 % de la population haut-rhinoise soit 150 000 personnes. La formation MiniAnne a été créée et est coordonnée par une cellule spécifique au sein du SDIS 68. Elle contribue également à optimiser l’effort des communes à s’équiper en défibrillateurs; effort mené à l’initiative de l’association des maires avec l’appui de la fondation Lucien Dreyfus. Depuis 2001, 50 actions de formation grand public ont déjà permis de former 10 000 adultes. Depuis 2012, cette formation est également dispensée à tous les élèves de 6ème du Haut-Rhin, soit plus de10 000 élèves chaque année.

Dana 12 ans sauve son père d’une crise cardiaque

Dana, 12 ans, entend son père s’écrouler dans le salon. Elle se précipite, tapote sa joue, l’appelle, il ne réagit pas. Elle se souvient de sa formation MiniAnne, au collège. D’abord, alerter les secours par téléphone. Elle donne son nom, son adresse, décrit l’état de son père. Elle court encore vite ouvrir la porte d’entrée puis s’agenouille auprès du corps inanimé. Les gestes appris lui reviennent. Elle se souvient des paroles du pompier formateur : « le pire, c’est de rien faire ». Elle y met tout son cœur, toutes ses forces, c’est épuisant mais elle tient bon. Quelques minutes plus tard, le Samu arrive et prend le relais… le père de Dana est sauvé. Dana a accepté que ce témoignage soit diffusé autant que possible car, dit-elle : « si notre histoire peut servir d’exemple, j’en serais très heureuse ».