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Was Meinsch

Süffa wìe Bìrschtabìnder

Littéralement picoler comme un brosseur, c’est boire plus que de raison, ingurgiter de l’alcool sans modération. Cette expression jette, encore de nos jours, le discrédit sur un honnête métier, a ehrlig Hàndwark, qui a pourtant pratiquement disparu, mécanisation oblige. Les quelques survivants ont beau se battre pour sauver leur honneur, le mal est ancré et difficilement effaçable à l’instar des sobriquets attribués aux rétameurs, d Kesselflìcker, et autres cochers, Kütscher, accusés de rouspéter et jurer à tout va, schìmpfa un flüacha. Ces expressions collent à la peau, souvent selon l’adage pernicieux dans sa portée métaphorique : il n’y a pas de fumée sans feu, wo Ràuich ìsch, ìsch o Fiir. Soupçonnait-on les fabricants de brosses et de balais d’avaler trop de poussière, Stàuib schucka, et d’être par conséquent obligés de se désaltérer en buvant comme des trous ? Que nenni ! Le malheur de ces artisans réside dans le fait que le verbe bìrschta signifiait, jadis, boire. Le jeu de mots douteux était trop tentant pour un plaisantin, a Wìtzknüppa, qui n’a pu résister à faire l’amalgame, qui de plus s’est répandu comme une traînée de poudre lorsque les Bìrschtabìnder sont devenus colporteurs, Hüssiarer.

Certains auteurs, eux, avancent une interprétation fumeuse en prétendant que Bìrschta provient du latin bursa, la bourse, qui a donné Burscha / Burschta, les gaillards, notamment les étudiants, dont les réunions avaient la réputation d’être copieusement arrosées ; à noter que le diminutif Bìrschtla, qualifie un petit vaurien.