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Was meinsch ?

Ebbis uffem Kerbholz hà

Ebbis uffem Kerbholz hà, c’est, de façon imagée, avoir quelque chose sur la conscience, uffem Gwìssa. A Kerbholz, formé de Holz, le bois et du verbe kerba, entailler, est un bâton de comptage, un système mnémonique destiné à enregistrer un nombre grâce à des marques de dénombrement, le plus souvent des entailles. C’était en fait une sorte de livre de dettes à une époque où beaucoup de gens ne savaient ni lire, ni écrire. Donc, un morceau de bois était coupé en deux et marqué, bilatéralement, pour éviter toute fraude en entaillant, sciant, limant. Chaque entaille ou marque représentait un certain nombre, une certaine somme, qui figurait sur chacune des deux parties, une pour l’acheteur ou l’emprunteur, l’autre pour le vendeur ou le prêteur. C’était pendant des siècles, voire des millénaires et jusqu’au Moyen Age le moyen le plus simple et le plus sûr de comptabiliser les reconnaissances de dettes.
S Kerbholz était utilisé aussi bien chez le maréchal-ferrant pour compter les fers à cheval que chez  l’aubergiste ou l’épicier. Concernant des dettes, l’expression  uff dr Bangel süffa, littéralement boire sur le bâton et en fait à crédit, est restée en vigueur, alors que uffem Kerbholz ne concerne plus que des actes délictueux, en avoir gros sur la conscience.
Yves Bisch

Proposez votre citation à la rédaction

Merci à François Thirion qui nous a proposé cette expression. Comme lui, vous pouvez nous en proposer une à faire décortiquer par notre «maître es alsacien» dans notre rubrique «Was meinsch». Adressez-la à : communication@haut-rhin.fr