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Ùf elsassisch

le billet de Sepala GOUMI

Du bleu étoilé plein les yeux
«Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous» disait le poète. Et des rendez-vous entre l’Alsace et l’Europe, il y en a pas mal ces derniers temps. Car juste après l’enthousiasme né de la création de la «Collectivité européenne d’Alsace», voilà que notre club de foot préféré ajoute à son tour, de belles étoiles à ses couleurs bleues.
«Ja ja, les amis, d’r Racing schpeelt wedder d’Coupe d’Europe» !! Quel pied, hurlent tous les footeux ! Quelle fierté, jubilent tous les Alsaciens ! Et quel exploit, reconnaissent tous les spécialistes !
C’est vrai que les Bleus d’Alsace nous en ont plutôt fait voir des vertes durant les dernières années. Et surtout des pas mûres. Entre bisbilles en coulisses et jeu à la baballe sur le terrain, il y avait de quoi virer maboule.
Heureusement, un enfant du pays est revenu faire tourner tout ce beau petit monde dans le bon sens. Avec des méthodes qui nous ressemblent et surtout des valeurs qui nous rassemblent. Les valeurs d’une Alsace qui gagne. Comme une renaissance. Une de plus.
Aujourd’hui, quand on crie «Racing», on entend aussi «racines». Et ça attire de nouveau au stade, le meilleur public de France. Comme à l’époque de ce titre de champion dont on célèbre déjà le 40ème anniversaire. Un sacre national qui en appelle enfin d’autres. Pas forcément tout de suite. «Numa làngsàm» comme on dit chez nous. Mais pas trop non plus...
Allez Racing. Et à nous l’Europe !

Was meinsch !

D Flìnta ìn’s Korn warfa

D Flìnta ìn’s Korn warfa, signifie littéralement jeter le fusil dans le (champ de) blé. On peut traduire cette expression par se résigner, déclarer forfait, jeter l’éponge, abandonner. Mais que vient faire d Flìnta, le fusil, dans ce renoncement à un projet ?
Autrefois, notamment pendant la guerre de Trente ans (1618-1648), il arrivait que les mercenaires, d Söldner, qui combattaient uniquement pour l’argent,  n’étaient pas forcément prêts pour le sacrifice suprême pour une cause qui n’était pas la leur. Voyant que la défaite était irrémédiable, ils capitulaient et, en déguerpissant, jetaient leur fusil encombrant dans un champ, d Flìnta ìns Korn, pour avancer plus vite dans leur fuite, mais aussi, dépourvus de leur arme, ils étaient moins reconnaissables comme déserteurs. Même encore au début du XVIIe siècle, les uniformes étaient rares pour la soldatesque, et donc, ni vus, ni connus, ils se fondaient dans le paysage environnant, leur seul signe distinctif, le fusil, ayant disparu au milieu des épis de blé.
A cette époque du Schwedakriag, la guerre des Suédois, apparut l’allumage de la poudre des armes à feu à l’aide d’un silex, ou pierre à feu,qui se dit Fiirstei, en alsacien, flint en anglais et … flinta en suédois. « Gott bschìtz uns vo da Schweda, que Dieu nous protège des Suédois ! », entendait-on dans les campagnes, bsunders  vo ìhra Flìnta, surtout de leurs flingues, pourrait-on ajouter.

Proposez votre citation à la rédaction ! L’alsacien est riche en citations amusantes. Vous souhaitez en proposer une à faire décortiquer par notre «maître es alsacien» ? Elle fera peut-être l’objet du prochain «Was meinsch». Adressez-la à : communication@haut-rhin.fr