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Télémédecine : INNOVER POUR SOIGNER

telemedecine

Au sein du regroupement des établissements publics du Centre Alsace, la télémédecine est une réalité. Pilotée depuis le Centre départemental de repos et de soins (CDRS), à Colmar, elle modifie quelque peu les habitudes. Pour les médecins, elle facilite les échanges entre confrères et permet des gains de temps non négligeables. Côté patients, elle limite les transports, l’attente, le stress, les hospitalisations et simplifie l’accès aux spécialistes. 

 

En 2009 la loi définit la télémédecine. 
En 2010 l’élaboration d’un programme régional de télémédecine est rendu obligatoire. 

michel dimeo

Michel Dimeo 

Médecin gériatre au Centre départemental de repos et de soins (CDRS) à Colmar. 

Au CDRS à Colmar, la télémédecine est pratiquée depuis plusieurs années. Elle n’a plus à faire ses preuves. Le docteur Dimeo, coresponsable de ce projet, nous parle d’une médecine où la distance n’a plus d’importance. 

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Comment le Centre départemental de repos et de soins en est-il venu à pratiquer la télémédecine ?

C’est au CDRS qu’est localisée la fonction de coordination pour l’ensemble des établissements d’hébergement pour personnes âgées et dépendantes (Ehpad) et établissements pour personnes handicapées autour de Colmar.

Lorsque celle-ci a été instaurée par la loi, en 2005, les gériatres du CDRS ont eu deux solutions pour endosser cette fonction : passer leur temps à courir d’un établissement à l’autre ou l’assumer à distance, par ordinateurs interposés. Ils ont opté pour la deuxième qui leur permettait d’être en lien constant avec les équipes en établissement. 

Dans la foulée, cet outil a permis d’interagir avec les médecins généralistes intervenant sur place lorsqu’un avis gériatrique s’avérait nécessaire. Un grand nombre de déplacements, éprouvants pour des patients souvent facilement déroutés, ont ainsi été évités. De la téléexpertise à la téléconsultation, il ne restait plus qu’un pas à faire. 

Comment se déroule une téléconsultation ? 

Les établissements ont été dotés de chariots parfaitement équipés en stéthoscope, électrocardiographe, échographe, dermatoscope, autoscope… et, bien sûr, ordinateur. À côté du patient, un infirmier spécialement formé à la manipulation de ces appareils.

A Colmar, derrière son propre écran d’ordinateur, le gériatre du CDRS. A partir de là, la consultation se déroule tout à fait normalement comme si le médecin se trouvait au chevet du patient avec qui il peut communiquer par écran interposé. Les données des appareils lui sont transmises instantanément, ainsi que des photos si nécessaire. Lui-même peut soumettre ces éléments à d’autres spécialistes pour avis.

Cette organisation collaborative permet d’éviter de nombreuses hospitalisations. Elle concerne particulièrement 60 % des patients qui n’avaient plus accès aux spécialistes. 

Pensez-vous que la télémédecine puisse être une solution pour pallier les déserts médicaux ? 

La télémédecine n’a plus à faire ses preuves au sein de notre réseau. Elle est tout à fait transposable à d’autres populations, notamment les habitants de ces zones appelées « déserts médicaux ». Dans notre département, Oberbruck, petit village niché au fond de la vallée de Masevaux, dépourvu de médecin, a été le premier à se lancer.

Son cabinet de télémédecine, initié par la commune et porté par trois infirmiers spécialement formés, propose des consultations de médecine générale. Avec ce type de consultations, la distance n’a plus d’importance. Plusieurs médecins, localisés n’importe où, peuvent se répartir les créneaux de consultations. 

A vous entendre, c’est une solution pleine d’avenir…

La Nasa n’embarque pas un médecin sur chacun de ses vols : cela fait 20 ans qu’elle pratique la télémédecine. Sur terre, c’est aujourd’hui et maintenant que cela joue. La technologie est au point et rien n’empêche d’en ouvrir l’accès également aux spécialistes : pédiatre, ophtalmologue, dermatologue et même… traumatologue !

Je suis convaincu que, dans un futur proche, des généralistes seront eux-mêmes en mesure de proposer, au sein de leur cabinet, un équipement relié à des spécialistes. Il en sera fini des parcours chaotiques s’étalant sur plusieurs mois entre le courrier du généraliste et le rendez-vous chez le spécialiste parfois très éloigné géographiquement.

La télémédecine, ce n’est plus de la science-fiction. Lorsqu’on aura vaincu la résistance des praticiens au changement, le patient aura beaucoup à y gagner !

LA SITUATION EN ALSACE

Selon une étude de l’UFC-Que choisir, globalement les Alsaciens ne peinent pas à trouver un généraliste à moins de trente minutes de chez eux. Cependant l’offre est sur une pente descendante, notamment en termes d’accès aux spécialistes. 50 % des Haut-Rhinois ont difficilement accès à un pédiatre pratiquant les tarifs conventionnés par la Sécurité sociale.

Dans certains secteurs, l’accès à un gynécologue conventionné devient très critique. Les non-remplacements de médecins partant à la retraite sont à l’origine de cette dégradation, qui reste cependant inférieure à la dégradation constatée au niveau national. Les pouvoirs publics se sont emparés de la question.

 

POUR PLUS D’INFORMATIONS SUR : www.solidarites-sante.gouv.fr mot clé télémédecine