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Protection de l’enfance : une écoute de chaque instant

Protection de l’enfance : une écoute de chaque instant

Le conseil départemental investit 91,4 millions d’euros en 2020 pour la protection de l’enfance - Soit 10 % du budget départemental

Dans un  contexte de plus en plus difficile, avec une évolution sans précédent du nombre d’enfants suivis ou confiés, le conseil départemental, chef de file de la protection de l’enfance et dont le rôle central a été réaffirmé par la loi de 2016, mène des efforts importants pour apporter des réponses concrètes à ses équipes et ses partenaires en charge de la protection de l’enfance et répondre au mieux aux besoins, toujours plus nombreux, du terrain (hausse de 5,5% des informations préoccupantes et de 11,5 % des signalements au Parquet). Des difficultés que la Présidente Brigitte Klinkert a remonté directement à Adrien Taquet, secrétaire d’Etat en charge de la protection de l’enfance. La mission du conseil départemental est de protéger les enfants mineurs, de la petite enfance, à la majorité, qui sont en situation de danger ou de maltraitance au sein de leur cercle familial. Pour l’heure, le Département qui a la responsabilité de 1 748 mineurs placés auxquels s’ajoutent 2 022 mineurs confiés suivis à domicile, dans leurs familles, a  augmenté son budget de plus de 3,5 millions d’euros pour 2020 ; ce qui permettra de créer notamment 35 nouvelles places d’accueil d’enfants et d’améliorer les conditions de travail des assistants familiaux. Cette augmentation fait suite aux efforts déjà entrepris ces dernières années avec notamment la création de 15 postes au sein de la Direction Enfance Famille Insertion. 

1 630 professionnels en action

La protection de l’enfance mobilise au quotidien plus de 780 agents du conseil départemental et 850 professionnels partenaires qui travaillent  au sein de différents établissements et services d’accompagnement éducatif, pour répondre aux enjeux majeurs dont le Département a la responsabilité  :
- l’organisation du repérage et le traitement des situations de danger ou de risque de danger pour l’enfant ;
- les décisions prises pour assurer sa protection, qu’elles soient administratives, c’est-à-dire prises à l’initiative du Conseil départemental ou judiciaires à l’initiative du juge des enfants ou, en cas d’urgence, à celle du Procureur de la République.

Agir le plus tôt possible

La prévention est également l’un des axes forts de la politique de protection de l’enfance, avec des actions qui commencent dès la périnatalité, avec par exemple des entretiens au 4ème mois de grossesse, qui se poursuivent avec des visites à domicile dès la sortie de la maternité. Un numéro unique «Allo PMI» à destination des professionnels permet l’intervention et le soutien d’une puéricultrice à domicile dans les 72 heures suivant la sortie de maternité, des bilans à l’école maternelle, 8 % des enfants de moins de 2 ans sont suivis en consultations de jeunes enfants, 11 % des femmes sont vues par la PMI, en consultations ou visites à domicile.

C’est tout simplement notre devoir d’être humain de  protéger  les  enfants de toutes les formes de danger et de les accompagner tout au long de leur parcours de vie vers la majorité et même parfois après… Brigitte Klinkert
Allô Enfance en danger : 119
Numéro gratuit et anonyme  - Service national d’accueil téléphonique pour l’enfance en danger. Numéro dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l’être.
En savoir plus:
www.allo119.gouv.fr 

Une cellule pour les enfants en danger

Toutes les informations préoccupantes concernant les mineurs en danger ou en risque de l’être sont, depuis 2010, centralisées par le Conseil départemental au sein d’une cellule, la CRIPS68. Cette unité est en lien étroit avec les Territoires de Solidarité, la Justice, la CAF, l’Education nationale, les hôpitaux... pour identifier le plus tôt possible les situations préoccupantes. 

Le Département a renouvelé son schéma départemental de protection de l’enfance 2019-2023, fruit d’un travail partenarial avec tous les acteurs de la protection de l’enfance.

L’accueil dans des familles

Parallèlement à l’accueil dans un foyer d’enfants, une structure collective, l’enfant peut être placé dans une famille d’accueil, chez un(e) assistant(e) familial(e). Patricia Peeters exerce depuis une dizaine d’années ce métier et a accueilli 3 garçons au total, âgés de 8 ans, 7 ans et 6 ans à leur arrivée, suite à une décision judiciaire. « C’est un métier où il faut faire attention à la place de chacun des enfants, d’autant plus que j’ai mes propres enfants à la maison. Il faut beaucoup parler, apprendre à les écouter et s’adapter à leur passé et au caractère de chacun, par exemple, le deuxième avait besoin d’un cadre plus strict. Cela demande beaucoup de persévérance. Mais ma priorité pour les trois a toujours été les études. La scolarité peut les aider à construire leur avenir. » Assistant familial est une profession définie et réglementée, il faut pour l’exercer un agrément de la Protection Maternelle et Infantile puis trouver un employeur. Le Conseil départemental est le premier employeur mais il y a aussi des MECS (maisons d’enfants à caractère social). Une formation obligatoire de 300 heures doit aussi être réalisée dans les 3 ans. Conscient de l’engagement nécessaire pour l’exercice de ce métier, le Département a décidé de revaloriser la rémunération des assistants familiaux. Une réflexion est menée dans le cadre de la Collectivité européenne d’Alsace sur le «droit au répit» pour aménager des périodes de repos, hors de la présence des enfants confiés. « C’est un métier hors du commun. On fait partie d’une équipe pluridisciplinaire, on travaille notamment avec les travailleurs sociaux référents de l’enfant, on peut faire des stages, rencontrer les autres assistants… Ce que l’on fait pour l’enfant maintenant, lui servira pour toute sa vie. » conclut Patricia.

222 assistants familiaux dans le Haut-Rhin accueillent 465 enfants, soit 30 % des enfants de l’Aide Sociale à l’Enfance.

Accompagner et soutenir les parents

Mieux protéger, c’est aussi  et surtout, s’engager en amont auprès des familles, dès les premiers signes de vulnérabilité, ponctuels ou structurels. C’est notamment le rôle des Espaces solidarité du Déparement.Un accompagnement qui peut se faire, en dehors de tout mandat judiciaire, avec l’adhésion des parents. «  J’interviens auprès des familles quand une situation est repérée par une assistante sociale ou un partenaire extérieur. Les parents signent alors un engagement. » précise Olivia Badet, éducatrice à la parentalité à Mulhouse en charge de 17 familles, avec des enfants âgés de 2 à 17 ans. « Je rencontre les familles à peu près 1 heure tous les 15 jours et les accompagne, dans le respect du rythme de la personne, toujours dans l’intérêt de l’enfant : lecture et jeux, recherche de stages, conseils éducatifs... c’est un peu au cas par cas, il faut sans cesse se réinventer, en proposant aux familles des activités diverses en fonction des besoins repérés». Olivia Badet intervient sur du court ou moyen terme, en lien avec les différents professionnels (groupes hospitaliers, établissements scolaires, travailleurs sociaux et psychologues...). «Nous sommes là pour les aider et non pas pour les juger.»  

Devenez assistant familial !
L’assistant familial accueille de façon permanente des mineurs à son domicile, contre rémunération. Il exerce sa profession après avoir été agréé à cet effet. En savoir plus:  prenez contact avec le service de PMI de votre secteur qui vous proposera de participer à une réunion d’information. Unité PMI : 03 69 49 31 00 - assistants.maternels@haut-rhin.fr

L’Ermitage à Mulhouse (en photo) accueille 36 enfants (0 - 6 ans) en pouponnière et 10 sont accompagnés dans le cadre d’un service d’accueil de jour. De son côté, l’association Caroline Binder reçoit 36 enfants (0 - 6 ans) en pouponnière dont  20 dans le cadre d’un placement à domicile.
Les 2 associations portent un centre maternel pour l’accueil de mères avec leur enfant.

Les grands chiffres de la protection de l’enfance dans le Haut-Rhin
91,4 ME Budget de la Protection de l’Enfance en 2020
1 748 enfants placés
17 établissements
49 % ont entre 12 et 17 ans
Durée moyenne des placements : 4,3 ans