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Pour la mobilité durable en Alsace

Pour la mobilité durable en Alsace

Le 1er janvier 2021, la quasi-totalité des principales routes alsaciennes seront gérées par la Collectivité européenne d’Alsace : les départementales, auxquelles s’ajouteront les 300 km de routes nationales et autoroutes non concédées (sans péage), actuellement gérés par l’Etat. Seules les routes de l’agglomération strasbourgeoise demeureront sous la responsabilité de l’Eurométropole, tandis que les parties concédées de l’A4 (du nord de Strasbourg jusqu’en Moselle) et de l’A36 (de l’échangeur de Burnhaupt jusqu’au Territoire de Belfort) resteront, elles, sous la compétence des concessionnaires, comme, d’ailleurs, le futur Contournement Ouest de Strasbourg. Plus que jamais, les routes sont un point clé du développement alsacien. Il s’agit pour les Alsaciennes et les Alsaciens d’enjeux de mobilité, de sécurité, de respect de l'environnement et de développement économique.

Trois grands enjeux de territoire

Outre les nombreux chantiers routiers en cours ou en projet du nord au sud de l’Alsace, trois grands projets d’aménagement routier se distinguent afin de fluidifier l’ensemble du territoire : autour de Strasbourg, dans la région des Trois Frontières et pour les franchissements du Rhin.

Avec l'avènement de la voiture  électrique et connectée, les routes demeurent, et sans doute encore pour longtemps, le principal moyen de transport pour se déplacer d’un endroit à un autre en dehors des grandes agglomérations : transporter des marchandises, se rendre à son travail ou en revenir, faire ses courses, visiter un membre de sa famille ou des amis, aller au théâtre, au cinéma, à la piscine, à la danse, au foot… ou à l’hôpital. Dans les prochaines années, les grands enjeux routiers alsaciens se posent dans et autour de Strasbourg, dans la région des Trois Frontières et sur les franchissements du Rhin.

Agglomération strasbourgeoise.

Si l’Eurométropole de Strasbourg a désormais l’entière compétence sur les routes qui traversent son territoire, le Département du Bas-Rhin continue de verser 3,1 millions d’euros par an pour leur entretien. Par ailleurs, ce dernier poursuit l’aménagement du TSPO (Transport en Site Propre de l’Ouest Strasbourgeois), dont l’objectif est de fluidifier le trafic des cars entre Wasselonne et Strasbourg afin de capter une partie du trafic des « autosolistes ». Autre grand projet à venir, cette fois lié au chantier du COS (Contournement Ouest de Strasbourg) : la liaison entre la nouvelle autoroute et la gare d’Entzheim, située à seulement 8 minutes en train de celle de Strasbourg. Objectif : reporter une partie du trafic de la route vers le fer.

Agglomération des Trois Frontières.

La région des Trois Frontières est l’une des plus dynamiques d’Alsace. Outre la future liaison ferroviaire de l’aéroport Bâle-Mulhouse, il s’agit également d’améliorer les accès entre l’autoroute et l’agglomération des 3 Frontières, dans la perspective du futur quartier du Lys, à l’ouest de Saint-Louis, ou encore d’aménager la RD105, dans le cadre du projet Dreiland entre Huningue, Weil-am-Rhein et Bâle.

Franchissements du Rhin.

En prévision de la future zone économique dite de l’« après-Fessenheim », un renforcement de la liaison A 35 française- A 5 allemande est envisagé par l’aménagement des routes existantes, ainsi que quelques déviations de villages. Plus au nord, des réflexions sont en cours afin d’améliorer les passages existants, par exemple à Roppenheim ou à Marckolsheim.

6 290 km de routes : 3 420 km dans le Bas-Rhin, 2 561 km dans le Haut-Rhin, 300 km de routes nationales et autoroutes non concédées en Alsace (hors Eurométropole)
980 agents des routes : 450 dans le Bas-Rhin, 330 dans le Haut-Rhin, 200 pour les autoroutes
138 millions d’euros de dépenses annuelles : 60 millions dans le Bas-Rhin, 50 millions dans le Haut-Rhin

 

Plus sûres et plus intelligentes

Les routes doivent devenir plus sûres mais aussi plus intelligentes : l’information en direct de l’automobiliste est aussi devenue un enjeu de sa sécurité.

De janvier à août 2019, la Sécurité routière a compté 750 accidents corporels sur les routes alsaciennes au lieu de 846 sur la même période de 2018, soit une diminution de 11 %.
44 personnes ont perdu la vie dans ces accidents, soit, là aussi, une baisse de 6,52 % par rapport à 2018. Pour autant, la sécurité continue et continuera d’être un enjeu majeur de la politique routière des deux Départements puis de la future Collectivité européenne d’Alsace. Différents programmes d'amélioration de la sécurité sont déjà à l'oeuvre.

Lutter contre les accidents à contresens

Selon un principe bien connu, trop de signalétique tue la signalétique. L’excès de panneaux nuit en effet à la lisibilité du parcours et gêne la concentration de l’automobiliste sur la route. Des chantiers sont en cours pour en réduire le nombre. Dans les deux départements, un effort particulier est par ailleurs entrepris pour lutter contre les accidents à contresens sur le réseau 2x2 voies. Dans le Haut-Rhin, en 2018, 249 panneaux « sens interdit sur fond jaune », « obligation de tourner à droite », « stop » ou « cédez le passage » ont ainsi été posés sur les 52 km de la RD 83 entre Houssen et Burnhaupt-le-Bas.
Un grand nombre d’accidents est dû à un choc contre un obstacle le long de la route. Dans le Bas-Rhin, près de 200 mâts « passifs » - dans le Haut-Rhin, on parle de mâts « fusibles » - sont en cours d’installation. Percutés par un automobiliste à vive allure, le mât est détruit, et non pas la voiture.
Mais à l’ère du numérique, la sécurité trouve un nouvel allié : la route devient intelligente. Les équipes de patrouilleurs départementaux sont équipés de tablettes, qui leur permettent de relever les anomalies sur le réseau. Celles-ci sont aussitôt transmises au PC routes, via un réseau nommé Tetra. Leurs impacts sur la circulation sont consultables en ligne sur le site Inforoute. Les nouvelles technologies donnent donc accès à des systèmes d’exploitation jusqu’alors réservés aux grands réseaux autoroutiers pour le confort et la sécurité des automobilistes. Le système se met en place progressivement dans le Haut-Rhin, du nord vers le sud, par capillarité avec le Bas-Rhin.

Collectivité européenne d’Alsace : ce qu’elle change pour les routes ?

Le 1er janvier 2021, qu’est-ce qui va changer sur les routes alsaciennes ?
A priori les Alsaciens ne constateront pas de grands bouleversements. Par exemple, en matière d’entretien ou de déneigement, il n’y aura pas de grandes modifications. Nos manières de gérer les routes sont déjà très proches d’un département à l’autre et d’ailleurs appréciées par nos concitoyens. Nos priorités seront les mêmes qu’aujourd’hui : fluidité du trafic, sécurité des usagers. L’A 35 passera sous la responsabilité de la Collectivité européenne d’Alsace, ainsi que l’A36 depuis l’échangeur de Burnhaupt, au croisement de la RD83, jusqu’à la frontière allemande. Les directions des routes du Haut-Rhin et du Bas-Rhin travaillent déjà ensemble pour préparer l’échéance.

Y’aura-t-il un système de taxation des poids lourds pour limiter leur report depuis l'Allemagne ?
Les deux Départements ont organisé un premier comité de pilotage sur cette question le 4 octobre dernier. L’objectif est clair : réguler le trafic des poids lourds dans la plaine d’Alsace et tenter de corriger les effets de l’instauration de la LKW-Maut en Allemagne. Cela devra être juridiquement conforme avec le droit français et européen. Cela va être étudié très finement. Ce qui est sûr, c’est que le flot de camions participe aux congestions et accélère la détérioration de nos routes : il faudra  donc y remédier.

Les exigences environnementales

Travaux de réfection des chaussées, entretien des bords de route : les questions environnementales ont pris la route.

Outre la question majeure de la place de la voiture individuelle dans l’ensemble des mobilités, la route est de plus en plus impactée par les exigences environnementales. Aujourd’hui quand on refait une route, on fait de plus en plus appel au recyclage des matériaux existants : l’ancien enrobé est par exemple transformé avant d’être réutilisé. Les enrobés tièdes sont également privilégiés : ils réduisent l’énergie nécessaire à leur fabrication. Dans les marchés publics, les critères environnementaux tels que le recyclage ou les distances de transport des approvisionnements pèsent davantage pour départager les entreprises.

Bas-côté « 0 phyto »

Sur les bas-côtés des routes, la règle généralisée est maintenant au « 0 phyto » : plus d’achat, ni d’utilisation. Il se dit même que c’est au bord des routes que la biodiversité est la mieux préservée. La fauche raisonnée a là aussi gagné du terrain. Selon les routes, si la première largeur est régulièrement fauchée pour des raisons de visibilité et de sécurité, le reste est coupé après la mi-juillet : cela permet le bon développement des herbes et des fleurs. Et ça, les sauterelles, les papillons, les abeilles et les oiseaux adorent ! Voilà comment les bords de route deviennent les nouveaux refuges de la biodiversité… à condition de ne pas y déverser nos déchets personnels. Chaque année les deux Départements dépensent plus de 400 000 € pour les ramasser !

Bacs rhénans

Les trois bacs rhénans, propriété du Département du Bas-Rhin, sont fréquentés chaque année par 2 700 000 passagers. Ils assurent la continuité routière entre la France et l’Allemagne pour bon nombre de travailleurs frontaliers. Sur la soixantaine de bacs en service sur le Rhin, entre Bâle et Rotterdam, le Saletio à Seltz, le Drusus à Drusenheim, et le Rhenanus à Rhinau, sont les seuls à être gratuits pour les usagers.  On retiendra aussi que le bac à traille de Seltz est le plus écolo de tous : accroché à un câble, il n’est tracté que par la force motrice du courant du fleuve, sans aucun apport d’énergie.

La route des Crêtes

Longue de 88 km, entre le col des Bagenelles et Cernay, la route des Crêtes est gérée par le Département du Haut-Rhin. Son point culminant est le passage au Grand Ballon, à 1 343 mètres d’altitude. Selon les aléas de l’hiver, elle est fermée entre novembre et avril-mai et se transforme alors en piste de ski de fond ou de randonnée pour les amateurs de raquettes. A la fin de l’hiver, les agents départementaux doivent souvent dégager à la fraise des épaisseurs de neige qui peuvent dépasser les 2,50 mètres. Durant la période d’ouverture, la vitesse y est limitée à 70 km/h pour les voitures comme pour les motos. Elle accueille chaque année près de 1,5 millionsde touristes de toutes nationalités.

Mobilisés face à l’hiver

Chaque hiver, en Alsace, le plan déneigement mobilise une bonne centaine de véhicules et environ 550 agents des deux Départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. Même si, à ce jour, l’organisation peut varier d’un département à l’autre, les objectifs et les résultats sont identiques pour l’usager. En cas de verglas, toutes les routes sont traitées. En cas de chute de neige, les axes principaux pour la mobilité de la population et les échanges économiques sont déneigés en priorité. Avec un objectif : chaque village doit voir son accès principal déneigé. Un effort important est réalisé pour l’information, avec une mise à jour toutes les deux heures des bulletins communiqués aux médias.
Le sel en commun
Les directions des routes des deux Départements se rencontrent déjà très régulièrement afin de mettre en place une organisation cohérente pour les prochains hivers. D’ores et déjà, et depuis quelques années, elles ont passé un marché commun pour l’approvisionnement en sel. Avec un principe d’utilisation : aussi peu de sel que possible mais autant que nécessaire. Bien sûr, il n’y aura jamais un chasse-neige devant chaque véhicule. En hiver, plus que jamais, la règle basique de sécurité, c’est de lever le pied.