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Marc Keller Alsacien cœur fidèle

Marc Keller, alsacien cœur fidèle

Le Haut-Rhinois Marc Keller, après une très belle carrière de footballeur, préside depuis 2012 aux destinées du Racing Club de Strasbourg Alsace. En quelques années, il a hissé le club de la CFA à la Ligue 1, jusqu’aux portes de l’Europe.

En cette chaude soirée de juin 1997, le stade de Gerland à Lyon fait tribunes combles. La France affronte le Brésil en match de préparation de la coupe du monde. De sa coupe du monde. Face aux assauts de
Ronaldo et de Giovanni, l’équipe de France est bousculée mais tient bon. Jusqu’à la 21ème minute, et cette faute sur Romario. Roberto Carlos, d’un coup franc improbable et génial, donnera l’avantage au Brésil. Depuis le banc des remplaçants, Marc Keller observe la scène et suit la trajectoire tordue du ballon qui viendra se loger dans la lucarne du but gardé par un Barthez resté immobile et totalement incrédule. C’est de l’Alsacien pourtant, rentré en seconde période, que viendra le but égalisateur. A la 55ème minute très précisément, après une frappe détournée de Florian Maurice. Ce sera l’unique but de Marc en 6 sélections sous le maillot tricolore. Il lui permettra non seulement de rejoindre le club très restreint des joueurs français buteurs contre le Brésil mais entretiendra également l’espoir de figurer dans le groupe qui disputera la coupe du monde.
Marc Keller fera effectivement partie des 31 présélectionnés par Aimé Jacquet, mais sera absent de la liste définitive des 23 joueurs retenus. « J’avais déjà 30 ans. Je savais que je ne faisais pas partie du noyau des indiscutables, et dès lors j’étais conscient que j’allais être en concurrence avec plusieurs autres joueurs, que ma sélection allait tenir à très peu. Une déception? Forcément, mais qui en aucun cas ne pouvait effacer tout ce que le football avait permis de vivre à Marc. Car ce sport a cette merveilleuse vertu de générer les mêmes émotions, que l’on joue sous le maillot
tricolore ou dans un petit club amateur des bords du Rhin.

Manager me permettait de concilier mon amour pour le ballon et mon goût du monde de l’entreprenariat.

Passe ton bac d’abord

Dans la famille Keller, le ballon rond a toujours alimenté d’enthousiastes conversations familiales. Est-ce la raison pour laquelle les trois garçons de la fratrie deviendront tous footballeurs ? Claude, l’aîné sera un excellent joueur amateur. Marc et François son cadet seront professionnels. Quant à l’unique fille, Marie, elle ne s’éloignera guère trop de cet univers, puisqu’elle optera pour l’enseignement du sport. Papa Keller il est vrai a tout fait pour alimenter la passion naissante de ses enfants. « C’est lui, se souvient Marc avec nostalgie, qui nous a construit nos premiers buts avec quelques planches et d’anciens filets de pêche, sur un terrain vague que nous avions investi dans notre village de Balgau et sur lequel nous allions passer la tondeuse tous les week-ends ». A cette époque, Marc Keller rêvait de jouer chez les « sangliers de la Hardt » à Hirtzfelden, « une sacrée équipe qui venait alors de remporter sa deuxième coupe d’Alsace ». Mais c’est à Fessenheim que le jeune joueur fera ses débuts, rapidement repéré par un chasseur de talents des SR Colmar, Jean-Claude dit Raoul Baechler. Son nom reviendra souvent tout au long de l’entretien comme ceux de Raymond Domenech, Claude Fichaux, Max Hild… une manière de tirer sa révérence aux amis et aux hommes à qui il doit tant, sinon tout.
C’est en 1987, après avoir passé son bac scientifique, que Marc Keller signe un contrat professionnel au FC Mulhouse. Le Club alors en ligue 2 mais qui bientôt accèdera à l’élite -malheureusement pour une très courte durée- lui permet de concilier études et ballon rond. Tout en gravissant les échelons de la planète football, Marc poursuit des études d’économie et de gestion. Un parcours atypique qui lui vaudra le surnom « d’intello du foot ».

Artisan de la reconstruction

Après Mulhouse, Marc Keller rejoindra le voisin strasbourgeois en 1991 et participera dès l’année suivante à la remontée du club en ligue 1 au cours d’un match de barrage épique contre Rennes (4-1) qui restera longtemps encore dans les annales du Racing. En 1996, il sera l’un des premiers joueurs français à tenter l’aventure de la Bundesliga, au Karlsruher SC, puis traversera la Manche pour le club londonien de West Ham où il mettra un terme à sa carrière en 2001.
Sans transition, Marc Keller troque son short pour un costume. Sa vie après le foot, il y songe depuis longtemps. « Alors que la plupart des anciens joueurs s’orientent vers la carrière d’agent ou d’entraîneur, moi j’ambitionnais de devenir manager. Les clubs fonctionnent aujourd’hui comme des entreprises. Manager me permettait dès lors de concilier mon amour pour le ballon et mon goût du monde de l’entreprenariat ». Une nouvelle carrière qu’il débute à Strasbourg, avec très vite un premier fait d’armes, la remontée en ligue 1. L’aventure se poursuit à Monaco, puis ce sera à nouveau le retour à Strasbourg à la demande des collectivités qui craignaient un nouveau dépôt de bilan pour leur club. En 5 ans, Marc fera passer le Racing du CFA à la ligue 1, quasi jusqu’aux portes de l’Europe. En gardant toujours à l’esprit la leçon des mentors de ses débuts, à savoir que le football est une grande fête de famille et qu’il n’y a rien de plus beau qu’un monde qui joue.

En 5 dates
1968 Naissance à Colmar, 1987 Premier contrat professionnel à Mulhouse, 1997 But contre le Brésil avec l’équipe de France
2001 Fin de sa carrière de joueur, 2017 Entre au comité exécutif de la Fédération Française de Football