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Maison Ferber : l’éloge du local

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Christine Ferber

Chef pâtissière alsacienne, créatrice gastronomique, surnommée la « fée des confitures », son produit phare qui lui apporta la notoriété. 

Véritable star de la gastronomie en France et à l’étranger, le succès de Christine ne se dément pas ; les plus grands, de Pierre Hermé à Alain Ducasse, se l’arrachent ;  les touristes japonais affluent dans sa boutique de Niedermorschwihr ;  les grandes marques la sollicitent pour du consulting, des ateliers et des salons… Une vraie « success-story » pour la fille du boulanger !

 

Au Relais des Trois Epis à Niedermorschwihr, rien ne laisse présager de la notoriété internationale de la Maison. Un lieu modeste où presse et épicerie côtoient pâtisseries, chocolat et les fameuses confitures de Christine, en toute simplicité bien loin des vitrines de luxe des confrères de renom. Pourtant le succès est au rendez-vous ! Secrets et valeurs de cette entreprise familiale qui a misé sur le local, le beau et le bon.

Christine Ferber, vous êtes à la tête d’une entreprise familiale qui remporte un vif succès localement mais aussi à l’étranger. Quelle est la « méthode Ferber » ?
Le secret est avant tout de se faire plaisir en travaillant de beaux produits, je dirais même des produits exceptionnels. Etre généreux, être à la disposition de la matière sont les maîtres mots de la réussite. Un produit ne se domine pas, ne se maîtrise pas, on arrive tout juste à l’apprivoiser. Et pour ce faire, Il faut suffisamment de temps et de patience ; je compose en symbiose avec le produit. Si je prends un raccourci, je n’obtiens pas le même résultat. Le maître, c’est le produit! Il faut cette humilité. Et puis, mon père - dont elle a repris la boutique en famille -  m’a appris à mener les choses le plus loin possible, avec rigueur.  J’ai toujours eu envie d’être la meilleure : pas pour gagner des millions mais réussir ce que je faisais.

Votre entreprise est-elle un modèle transposable ?
Tout est transposable à condition d’avoir les connaissances techniques de son métier et de beaucoup travailler. Dans les métiers de confiseur, chocolatier, glacier, traiteur,(…) il faut vraiment, si on veut durer, avoir une connaissance parfaite du métier. Et les plus belles réussites ne sont pas calculées d’avance. Je n’ai jamais pensé à l’argent que cela pouvait m’apporter.  Je l’ai fait pour me faire plaisir, sans calcul.

Votre savoir-faire est reconnu aussi bien en Europe, aux Etats-Unis qu’en Asie, est-ce à dire que la gastronomie, et plus largement les arts de la table, participent toujours autant au rayonnement de la France à l’étranger ?
Même s’il y a des modes, comme dans les années 2000 avec la cuisine moléculaire de Ferran Adria ou plus récemment la cuisine des pays du nord, la France reste la référence, aussi bien pour le sucré que pour le salé.  Dans chaque pays, il y a des techniques, des savoir-faire liés aux traditions gastronomiques  de chacun. Il n’y a pas réellement de concurrence mais la France a cette spécificité d’être constituée en régions. Et dans chacune d’elles, il y a des agriculteurs, des personnes qui confectionnent une culture spécifique et mettent à disposition des produits exceptionnels. Et les gens sont émerveillés de cela. Je donne parfois des cours en Italie et les produits n’ont pas cette qualité.

Et concernant plus particulièrement notre région l’Alsace ?
Pour les Japonais, en Alsace, nous détenons la rigueur allemande, peuple avec lequel ils ont toujours composé et la créativité qui nous vient de notre côté latin. Et les deux choses les attirent énormément.

Pensez-vous jouer un rôle social ?
L’apprentissage existe encore dans notre métier et avec lui, plusieurs valeurs essentielles, comme  le respect de l’autre au travail, du client, qui fait cette démarche de dépenser de l’argent pour le plaisir d’un instant, le respect de la matière première, du matériel, de l’environnement en triant les déchets.Nous avons aussi un rôle en matière de  nutrition, en choisissant des produits frais et de saison respectant ainsi la nature.Et puis, ce sont les fêtes religieuses qui rassemblent les familles ; elles viennent nous voir pour confectionner un gâteau et d’une certaine manière nous faisons partie de ce partage, de ce moment de convivialité.  

Ferber, une «marque» à contre-courant

Les écoles de marketing et de commerce n’ont qu’à bien se tenir! Avec la «marque Ferber», nous sommes bien loin des stéréotypes appris sur les bancs de l’école :  exit les boutiques implantées dans tous les pays, la production à grande échelle, l’uniforme pour le personnel et un service de relations publiques rompu à l’exercice… Non, Christine Ferber, c’est une boutique à taille humaine dans un village alsacien, le travail avec des producteurs locaux, un choix rigoureux des matières premières, un travail artisanal (les pots de confitures sont remplis à la main),  une production limitée, une présence permanente dans le laboratoire, du temps, de la patience et de la générosité pour chacune des réalisations.

Pour plus d’informations : Maison Ferber, 18 rue des Trois Epis à Niedermorschwihr - 03 89 27 05 69 - contact@ferber.fr