Back to top

le billet : Rodolphe Burger

Rodolphe Burger

 

Rodolphe Burger

Plus tout à fait d’ici ni tout à fait d’ailleurs, le coeur du chanteur, compositeur et guitariste originaire de Sainte-Marie-aux-Mines, balance entre son île bretonne adoptée et sa vallée adorée. 

« Die Gedanken sind frei »

Cette chanson que nous n’avons pas su chanter à trois, avec Jacques Higelin et Alain Bashung, lors de notre concert à Strasbourg (voir chapitre précédent), j’en ai enregistré une version bilingue, avec mon fils Simon, à l’occasion des 80 ans de Tomi Ungerer. Je ne sais pas si le cd lui est parvenu, mais je profite aujourd’hui de cette petite tribune pour déclarer toute ma flamme à ce cher Tomi. Nous ne nous sommes jamais rencontrés, mais je le considère comme le plus grand monument que le Haut Rhin ait produit, une statue de la liberté plus vivante que celle de Bartholdi. Ces termes (monument, statue), lui déplairaient au plus haut point, lui qui est un ennemi de toutes les arrogances et qui confesse aujourd’hui encore un indéracinable complexe d’infériorité. Mais il faut bien en rajouter un peu car il se trouve, figurez-vous, qu’il y a  des Alsaciens, et même peut-être des Colmariens, qui ne se rendent pas compte de qui est vraiment Tomi. Ou qui ne connaissent de lui que les fameux Trois Brigands. À ceux là, je me permets de prescrire une visite d’urgence du Musée Ungerer à Strasbourg. Ainsi que, par exemple,  la lecture de «À la guerre comme à la guerre », qu’on a eu la bonne idée de rééditer récemment. Ou encore du dernier livre paru, qui s’intitule « Ni oui ni non ». Du reste ce ni-ni est un excellent résumé du Dasein alsacien, sauf que Tomi en fait une puissance, une liberté, et non une condition tragique. Mais ce qu’il ne faut surtout pas manquer, ce sont les occasions d’entendre la voix de Tomi, c’est-à-dire sa parole et son accent. Écoutez n’importe lequel des entretiens qu’il a donné à la radio. Ils sont tous formidables. Ce qu’il exprime, c’est notre meilleure part. Puissions-nous en être dignes.

www.rodolpheburger.com

 

 

Àltawiwersummer

Le terme Àltawiwersummer désigne un phénomène climatique, où  les températures redeviennent très clémentes, et qui peut durer de quelques jours à quelques semaines, de mi-septembre à octobre. Summer veut dire été. Wiber / Wiwer, c’est le pluriel de Wib, un mot qu’on utilisait couramment pour dire femme, mais qui a aujourd’hui une connotation négative, un peu comme bonne femme.
Et àlt, ça veut dire vieux. Ce serait donc l’été des vieilles bonnes femmes ? Pas si sûr, car la théorie la plus répandue affirme que le mot Wiber dans Àltawibersummer vient en réalité de «weiben», un verbe issu du vieil allemand qui signifie produire des fils d’araignée, Spìnnfada. Il se réfère aux milliers de filandres ou fils de la vierge, que l’on peut voir au début de l’automne, le matin, dans les champs, accrochés aux plantes et aux arbres, parfois sertis de gouttes de rosée, Tàuitropfa, qui les font ressembler à des colliers de perles. Àltawibersummer serait donc l’été tardif des fils d’araignée et non l’éphémère deuxième jeunesse d’une femme âgée, aux cheveux gris, ou comme chez nos amis suisses le Wìtwasömmerli, le petit été des veuves.
En français, on appelle ce retour des températures chaudes l’été indien, terme qui vient des  Canadiens francophones, qui ont tout simplement traduit l’expression américaine «indian summer» qui se réfère probablement au fait que les Indiens d’Amérique achevaient leurs récoltes pendant ce dernier soubresaut de l’été.
Yves Bisch

Proposez votre citation à la rédaction
L’alsacien est riche en citations amusantes. Vous souhaitez en proposer une à faire décortiquer par notre «maître es alsacien» ? Elle fera peut-être l’objet du prochain «Was meinsch». Adressez-la à : communication@haut-rhin.fr