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La pisciculture Impériale

La pisciculture Impériale de Huningue

La pisciculture Impériale de Huningue

C’est en 1852, sous le règne de Napoléon III, que la pisciculture Impériale de Huningue voit le jour. Première pisciculture industrielle d’Europe, construite au cœur de l’actuelle réserve de la Petite Camargue Alsacienne, sa réputation sera immense.

Du parking du stade de l’Au, à Saint-Louis Neuweg, empruntez le chemin ombragé qui s’engage à travers la forêt humide. Tendez l’oreille, car ici en Petite Camargue Alsacienne où toute intervention de l’homme est proscrite, pics, coucous, loriots… et quantité d’autres oiseaux abondent. Peu à peu, la forêt cède la place aux roseaux. Et subitement, vous vous retrouvez face au magnifique bâtiment de style empire de la pisciculture Impériale de Huningue.
L’histoire de cet établissement commence un peu par hasard. Ce sont les déboires puis les découvertes d’un Vosgien qui en sont à l’origine. Nous sommes en 1840. L’homme dont il est question se nomme Joseph Rémy. Il est pêcheur à La Bresse. La truite, jadis commune dans les ruisseaux vosgiens se fait de plus en plus rare, et Joseph est sur le point d’arrêter son activité qui ne lui assure plus le minimum nécessaire. Mais loin de se laisser abattre, il veut connaître les causes de la disparition des truites. Il se met à les observer inlassablement, cherche à comprendre leur mode de reproduction et réalise combien la survie d’une couvée est aléatoire dans le milieu naturel. Rémy va alors tenter la reproduction artificielle de l’espèce. Après deux années de tâtonnement, il y parvient enfin. L’expérience avait déjà été réussie par un naturaliste allemand au milieu du XVIIIe siècle, mais Rémy l’ignorait et les scientifiques eux-mêmes l’avaient oubliée. Avec bien des difficultés, Rémy fait connaître sa « découverte » et en 1852 enfin, soit 10 ans après la première réussite d’éclosion artificielle, une décision ministérielle autorise la création de « l’établissement de pisciculture de Huningue ».

Le plan Saumon 2000 initié en 1987 a amorcé le retour du roi de nos rivières. L’ancienne pisciculture Impériale de Huningue en est le fer de lance avec la production annuelle de 250 000 à 300 000 alevins

Un modèle d’efficacité

La mission de la pisciculture de Huningue est de faire éclore les œufs fraîchement fécondés, puis de redistribuer les jeunes alevins aux administrations et aux particuliers qui en font la demande afin de permettre le repeuplement des cours d’eau. Très rapidement, l’établissement est considéré comme un modèle. Outre la truite de rivière, il va bâtir sa réputation sur la reproduction de multiples autres espèces : la truite de lac, le saumon du Rhin, l’omble chevalier, l’ombre, l’alose, l’esturgeon, la carpe, et même le silure. De jeunes alevins sont envoyés en Pologne, au Portugal, en Algérie, aux États-Unis, au Brésil, au Mexique… Les bâtiments et les installations sont copiés dans toute l’Europe, jusqu’aux États-Unis. Après 1870, l’établissement de Huningue devient la « Kaiserlische Fischzucht Huningen ». L’administration allemande poursuit l’expansion de la pisciculture. Des échanges s’établissent avec les États-Unis qui vont permettre entre autres l’introduction dans les eaux européennes du saumon de fontaine et de la truite arc-en-ciel. En contrepartie, la truite de ruisseau et la carpe sont exportées vers l’Amérique du Nord.Le succès de la pisciculture de Huningue a été rapide. Son déclin le sera tout autant. En 1905, l’établissement arrête son activité, concurrencé par les nombreuses piscicultures dont il avait assuré la vocation. Rénovés et restaurés, les bâtiments et les installations de la pisciculture Impériale ont aujourd’hui retrouvé leur vocation première avec la production d’alevins de saumons atlantiques destinés au repeuplement du Rhin et de ses affluents. Un programme de réintroduction piloté par l’association Saumon-Rhin qui, espérons-le, permettra le retour en abondance dans nos cours d’eau du plus emblématique de nos poissons migrateurs.

Les bâtiments et les installations sont copiés dans toute l’Europe, jusqu’aux Etats-Unis. 

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Ni blouses blanches, ni éprouvettes pour cette première tentative de fécondation artificielle !

Le retour du Roi saumon
250 à 300 000 œufs sont incubés chaque année dans les bâtiments piscicoles de la Petite Camargue. Les alevins sont essentiellement relâchés dans le vieux Rhin, la Thur, la Fecht, la Doller et, plus occasionnellement, la Lauch. 50 000 alevins sont également destinés au repeuplement des affluents suisses et allemands du Rhin: l’Aar, la Wiese et l’Ergolz. Avec la qualité retrouvée des eaux du fleuve et de ses affluents, ainsi que l’équipement des barrages et seuils de passes à poissons, le retour du Roi saumon est aujourd’hui bien engagé. Entre 150 et 250 spécimens ont ainsi été comptés en moyenne au cours de ces dernières années dans la passe à poissons du barrage franco-allemand d’Iffezheim. Pour Olivier Sommen, en charge de la pisciculture de la Petite Camargue, il est un signe de bonne santé qui ne trompe pas. Celui de la vitesse avec laquelle les saumons, depuis la mer, rejoignent le lieu de leur « naissance » pour s’y reproduire : moins d’un mois !

alevin

Pour plus d’information : www.petitecamarguealsacienne.com - www.saumon-rhin.com