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La ligne Colmar-Breisach-Freiburg

La ligne Colmar-Breisach-Freiburg

Avec la destruction en février 1945 du pont ferroviaire sur le Rhin entre Neuf-Brisach et Breisach, prend également fin l’exploitation de la ligne Colmar-Freiburg im Breisgau. Près de 75 ans après la fin du second conflit mondial, un projet de réouverture est à l’étude.

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La ligne Colmar-Breisach-Freiburg est mise en service le 7 juin 1878. Au plus fort de sa fréquentation avant 1914, 10 liaisons quotidiennes sont assurées, pour un temps de parcours de 70 minutes.

Dès 1860, alors que l’Alsace est encore française pour quelques années, le projet de création de ligne Colmar-Freiburg im Breisgau est présenté comme un maillon essentiel de l’axe ferroviaire Paris-Vienne qui doit traverser les Vosges et la Forêt-Noire.
4 années à peine après l’annexion de l’Alsace-Moselle à l’empire allemand, la réalisation de trois jonctions ferroviaires entre les réseaux d’Alsace et de Bade est initiée. La construction du pont sur le Rhin entre Neuf-Brisach et Breisach débute la même année pour le montant à la précision toute germanique : 1 000 481 marks !
Rapidement la ligne connaît un grand succès. Avec le retour de l’Alsace à la France, la fréquentation certes chutera mais restera importante.  La destruction du pont en 1945 lors des combats de libération et la décision de ne pas le reconstruire mettra toutefois brutalement fin à l’intérêt de la ligne. A partir des années 1950, la desserte voyageurs est réduite à 2 allers-retours quotidiens entre Colmar et Neuf-Brisach, et dès 1969 ces deux circulations qui déjà ne s’effectuaient plus qu’en semaine, sont supprimées et remplacées par un aller-retour en autocar. Le transport marchandises continue à se maintenir, affichant un fort honorable chiffre de 150 000 tonnes en 1973 encore, mais s’essouffle lui aussi.
Côté allemand par contre, la ligne Breisach-Freiburg connaît un succès qui s’apparente au plébiscite. 34 trajets quotidiens assurés par des « Regio Shuttles », un cadencement de 30 minutes. Une fréquentation telle que la ligne sera électrifiée d’ici à 2020 et qu’un
cadencement de 15 minutes sera mis en place.

Notre avenir dépasse les frontières

La seconde fois aura été la bonne. Détruit une première fois lors de la retraite de l’armée française le 12 octobre 1939, le pont ferroviaire entre Neuf-Brisach et Breisach sera reconstruit quelques mois plus tard au moyen de travées démontables «autrichiennes» par la Deutsche Reichsbahn et le génie militaire allemand. Mais il n’en sera pas de même après la destruction de février 1945. Au contraire, les parties intactes du pont seront récupérées dès l’automne par les services techniques de la SNCF, entre autres la travée centrale de 72 m de long, afin de permettre la reconstruction jugée prioritaire du pont sur le Rhin entre Chalampé et Neuenburg. Suivra le démantèlement du tablier, tronçonné en plusieurs éléments avant d’être transporté par bateaux, toujours pour contribuer à la reconstruction du pont de Chalampé, maillon essentiel au rétablissement de la ligne Mulhouse-Freiburg.
Une fois la paix revenue, la SNCF et la Deutsche Bahn, devant l’importance des frais à engager, renonceront à reconstruire le pont et du même coup à l’exploitation de la section de la ligne transfrontalière Neuf-Brisach-Breisach.
La ligne Colmar-Breisach, longue de 20,93 km, avait lors de son ouverture le 7 janvier 1878, été la première des trois lignes reliant la Haute-Alsace au Pays de Bade, devançant de quelques semaines la mise en service des lignes Mulhouse-Müllheim et Saint-Louis-Weil-am-Rhein. Il ne s’agit pas à ce moment-là de lignes transfrontalières, le Reichsland Elsass-Lothringen  étant, entre 1871 et 1918, une province de l’empire allemand.
Aujourd’hui, alors que l’avenir et la prospérité future du Haut-Rhin sont étroitement liés à notre capacité à imaginer un avenir qui dépasse les frontières, ce pont nous fait cruellement défaut. 

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Dès 1875 débute la construction du pont sur le Rhin entre Neuf-Brisach et Breisach pour un montant à la précision toute germanique : 1 000 481 marks ! Ce projet est jugé d’intérêt international mais également régional puisqu’il doit permettre l’acheminement du bois de la Forêt-Noire jusqu’au Rhin et l’approvisionnement du Pays de Bade en charbon sarrois.

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Quelques jours à peine avant la fin de la desserte voyageurs par chemin de fer en mars 1969, un autorail De Dietrich quitte la gare de Colmar en direction de Neuf-Brisach.

Encourager l’emploi transfrontalier

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Le Département du Haut-Rhin s’est fortement engagé dans la réouverture de la ligne ferroviaire Colmar-Freiburg. Moderniser la ligne existante entre Colmar et Volgelsheim, construire un pont sur le Rhin pour pouvoir reconnecter entre elles les lignes française et allemande constitueraient non seulement un acte symbolique fort, mais aurait également une portée économique considérable. Ce projet ambitieux a bien évidemment un coût. Entre 70 et 90 millions d’euros pour la construction d’un pont sur le Rhin. Une fourchette équivalente pour la modernisation de la voie ferrée et un coût estimé entre 40 et 110 ME pour la suppression de 28 passages à niveau. Le projet est aujourd’hui bien lancé avec l’appui de l’Etat français et le Bund allemand qui finance 50% du projet d’études. 

Plus d’informations sur : www.transrhinrail.eu