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Institut Supérieur Social de Mulhouse : Former les professionnels

Institut Supérieur Social de Mulhouse : Former les professionnels

Présidé par le Docteur Klinger, l’Institut Supérieur Social de Mulhouse a pour mission de former ses étudiants aux différents métiers de l’intervention sociale. A ce titre, il est un acteur majeur de la chaîne du soutien aux publics en situation de fragilité (enfance, handicap, exclusion, précarité...). Basée à Mulhouse, cette association travaille en étroite collaboration avec le Département. 

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370 étudiants environ formés tous les ans, 13 formations différentes, 11 formateurs permanents et 400 vacataires

Interview de Chantal Mazaeff

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Directrice générale de l’ISSM, Chantal Mazaeff a une formation d’Assistante sociale et un doctorat en sociologie, obtenu en 2010 à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales(EHESS), à Paris.
Elle avait intégré l’ISSM en 2000 en tant que formatrice avant d’en prendre la direction en septembre 2015. Elle pilote également le projet de fusion de l’ISSM avec le Centre de Formation d’Educateurs de Jeunes Enfants (CFEJE), prévu pour 2019.

Quel regard portez-vous sur les métiers du social dans le Haut-Rhin ?
D’une manière générale, nos métiers ont été fortement réinterrogés par les politiques sociales, au sens large, qui sont le reflet d’orientations politiques nationales. Nous ressentons une réelle remise en question, avec des professionnels pris en tension entre un besoin d’efficacité, qui peut se comprendre, et un public généralement fragile qu’ils côtoient au quotidien. Ceci-dit, cela les oblige aussi à travailler différemment, à redonner un rôle actif et à considérer autrement les gens. Cela n’est pas systématiquement négatif.

Quels sont les besoins du marché actuellement, les métiers porteurs ?
Chaque personne qui sort de l’ISSM, qualification en poche, trouve un métier dans les six mois. En revanche, j’observe que les métiers d’encadrement (chefs de service) sont de plus en plus demandés du fait de départs à la retraite et de nouvelles organisations opérationnelles dans les structures. Par ailleurs, les métiers du domicile, notamment les Accompagnants éducatifs et sociaux qui interviennent auprès des personnes âgées et dépendantes, restent aussi sous tension : il faut une véritable vocation pour ces métiers qui sont souvent mal payés et très exigeants. Enfin, des fonctions de management intermédiaires, de coordination de petites équipes sont également en train de se développer, notamment dans les établissements spécialisés.

Comment accompagnez-vous, anticipez-vous ces évolutions ?
Nous faisons, autant que possible, de la prospective. Certains de nos formateurs mènent, ainsi, des travaux de recherche, en partenariat parfois avec des universités, y compris à l’étranger. Nous participons aussi à des groupes de travail nationaux par le biais de l’Unaforis (Union national des acteurs de la formation et de recherche en intervention sociale). Enfin notre expérience du terrain et le contact avec nos partenaires sont aussi riches d’enseignements. Cela nous permet d’anticiper au maximum les évolutions et aussi de proposer des formations spécifiques. Récemment, nous l’avons fait sur le thème de la « non-demande »
pour la MAIA (Méthode d’Action pour l’Intégration des services d’aide et de soins dans le champ de l’Autonomie), ou comment travailler avec des publics qui n’expriment aucun besoin.

Que vous apporte votre relation avec le Conseil Départemental ?
De façon très prosaïque, tout d’abord des locaux très bien placés, au cœur de Mulhouse, qui lui appartiennent et que nous occupons pour un loyer raisonnable. Ensuite, nous avons établi une convention qui facilite nos échanges, en particulier pour faire participer des professionnels du conseil départemental à certaines de nos formations. D’une manière générale, nous travaillons aussi très bien avec l’Aide sociale à l’enfance et, ces dernières années, sur les sujets liés à la prévention de la radicalisation. Je n’oublie pas non plus, dans notre relation, tous les professionnels formés à l’ISSM et qui ont rejoint les équipes du CD68 !
Un dernier mot sur l’alsacien, qui fait l’objet d’un module de formation...
C’est vrai. L’alsacien est utile notamment pour le métier d’Assistant éducatif et social (AES) qui implique un contact quotidien avec les personnes âgées. Pouvoir échanger avec elles en alsacien est important car cela permet d’établir la confiance, de tisser du lien. L’alsacien est la langue du cœur.

Des formations au plus près des besoins

Parmi toutes les formations qualifiantes proposées par l’ISSM, il en existe trois « historiques » qui répondent à des besoins particulièrement importants pour les populations les plus fragiles. Il s’agit des formations d’Accompagnant(e) éducatif(ve) et social(e) (AES) auprès des personnes âgées ou en situation de handicap, d’Assistant(e) de service social (développement des liens sociaux et des solidarités) et d’Educateur(trice) spécialisé(e) pour les personnes (enfants et adultes) confrontés à des difficultés éducatives, sociales ou psychiques. Autant de métiers de proximité qui font notamment écho à la compétence sociale du conseil départemental.

Pour plus d’informations :

Institut Supérieur Social de Mulhouse (ISSM) : 03 89 33 20 00 www.issm.asso.fr