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Brigitte Klinkert, « J’ai foi en l’avenir »

enfants qui courent

Brigitte Klinkert, nouvelle Présidente du Conseil Départemental du Haut-Rhin

Petite fille de Joseph Rey, ancien maire de Colmar et conseiller général, la politique de proximité est dans son ADN. Elue conseillère générale en 1994, elle était au sein de l’Assemblée départementale (alors Conseil Général), la benjamine et la seule femme. Elue présidente le 1er septembre 2017, elle est la première femme à occuper cette fonction en Alsace.
1ère Présidente d’une Assemblée départementale en Alsace
11ème femme à la tête d’un Conseil départemental en France sur 101 départements

Vous faites de l’emploi votre « exigence absolue ». Or il ne s’agit pas d’une compétence départementale. Quels leviers comptez-vous actionner ?
Le conseil départemental ne va pas créer des emplois ex nihilo. En revanche, notre engagement au cœur des territoires nous apporte une connaissance fine des forces présentes sur le terrain et nous permet d’imaginer des synergies. Dès lors, nous pouvons mettre en relation des projets porteurs d’emploi. Par exemple dans le développement durable. C’est la pièce maîtresse des industries de demain. Or, le conseil départemental dispose d’une véritable expertise dans ce domaine. C’est vrai aussi pour l’apprentissage de notre langue régionale et d’autres. Le multilinguisme multiplie par trois les chances de nos jeunes d’accéder à un emploi en Alsace, dans le Bade-Wurtemberg ou la région de Bâle. Nos projets routiers peuvent être aussi priorisés sur l’accès aux zones économiques.

Vous souhaitez mettre en place une « véritable stratégie de réussite éducative ». N’est-ce pas le rôle de l’Education nationale ?
Responsable des collèges et des agents d’entretien et de cantine, le conseil départemental a beaucoup construit et rénové pour créer un environnement scolaire bienfaisant. C’est notre contribution à la réussite éducative. Mais notre jeunesse doit faire l’objet d’une attention constante. L’ouverture aux autres à travers la culture, le sport, les langues - on y revient - est primordiale. Un 1er appel à projets a été lancé auprès des acteurs culturels pour développer des actions dans les collèges. D’autres actions seront proposées aux équipes éducatives. L’épanouissement de notre jeunesse et le développement de sa conscience citoyenne doivent être notre ambition. Nous encouragerons, par exemple, l’engagement citoyen, les rencontres de part et d’autre du Rhin ou encore la féminisation de certains sports. La Jeunesse est un acte de foi en l’avenir.

Vous rappelez l’obligation de porter « une attention toute particulière aux personnes les plus fragiles ».  Pourquoi ce rappel ?
C’est le « cœur de métier » du conseil départemental. Nous y consacrons la plus grande part de son budget et les contraintes financières toujours plus pressantes ne doivent pas nous autoriser à transiger dans ce domaine. Nous devons garder à l’esprit qu’une personne, même fragilisée, doit pouvoir rester actrice de son destin. La prendre en considération en tant que telle, c’est le quotidien de nos travailleurs sociaux. Mais dans ce vaste domaine, nous ne pouvons agir seuls. Nous devons travailler en concertation avec tous les partenaires de l’action sociale (CAF, Sécurité sociale…). Dans notre région, nous pouvons aussi compter sur un tissu associatif très important : s’engager, donner du temps aux autres est intrinsèquement alsacien. Je tiens d’ailleurs à remercier les personnes bénévoles qui s’investissent sans relâche. Le bénévolat et la solidarité font l’Alsace. Nous devons les encourager.

Vous prenez position pour le retour à une représentation politique et administrative de l’Alsace. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Le retour à une nouvelle Assemblée territoriale d’Alsace est un chantier prioritaire. Notre région dispose d’une histoire, d’une géographie et d’une culture qui lui sont propres. Elle interagit naturellement avec le Bade-Wurtemberg et la région de Bâle, deux territoires parmi les plus prospères d’Europe. Nos voisins allemands et suisses sont en attente d’une coopération forte avec l’Alsace. A l’évidence, notre destin se joue à l’Est. Or, logiquement, celui du Grand Est frappe aux portes de l’Ile de France, à l’Ouest. Cette ouverture sur l’espace tri national doit être prise en compte dans nos propositions. La clé de la réussite reposera sur la capacité des élus, des forces vives,... de tous les Alsaciens à se retrouver ensemble autour d’un projet porteur d’avenir et d’efficacité toujours meilleure de l’action publique. L’expérimentation pourrait nous y aider. J’agirai toujours dans ce sens. L’objectif c’est 2021. Une Alsace qui réussit c’est un défi gagnant gagnant pour la France aussi. En attendant, les Conseils départementaux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin poursuivront le rapprochement de leurs politiques.

Votre action s’inscrit-elle dans la continuité de celle d’Eric Straumann ?
Oui. Pas de révolution mais des évolutions. Je rends hommage à la rigueur de gestion d’Eric Straumann qui a permis de poursuivre les investissements, de maintenir un haut niveau de service, de préserver la fiscalité au plus bas et de baisser la dette. Cette gestion responsable sera poursuivie. Nous pourrons compter sur Eric Straumann et les autres conseillers départementaux devenus députés - Raphaël Schellenberger, Olivier Becht - pour faire entendre la voix de l’Alsace à l’Assemblée nationale. Ils y porteront le dossier de la nouvelle organisation territoriale ou encore celui de l’Ecotaxe.