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ALSACE : une nouvelle page va s'écrire !

ALSACE : une nouvelle page va s'écrire !

Brigitte Klinkert Présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin

Brigitte Klinkert, Présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin

 

L’Alsace c’est l’ouverture, l’envie d’innover et d’aller de l’avant.

Devenons le territoire symbole de l’ambition européenne de la France. Nous sommes à un moment particulier pour l’Alsace. 5 ans après l’échec du référendum, 3 ans après la dissolution de l’Alsace dans le Grand Est. A quelques semaines des célébrations du centenaire du retour de l’Alsace à la France et à quelques mois des élections européennes qui pourraient mettre un coup d’arrêt à la construction européenne.
C’est dans ce contexte particulier et complexe, à la croisée des chemins, qu’il nous appartient de réinventer l’Alsace, de lui redonner corps politiquement et institutionnellement. Il y a une peinture magnifique et déchirante de Gustave Doré « L’Alsace meurtrie ». C’est l’héritage et le témoignage d’une période donnée de l’Histoire de l’Alsace. L’héritage que nous voulons laisser, c’est celui de « l’Alsace unie ». L’Alsace unie au service des Alsaciens, l’Alsace unie au service de la France, l’Alsace unie au service de l’Europe.
« L’héritage que nous voulons laisser, c’est celui de « l’Alsace unie ». L’Alsace unie au service des Alsaciens, l’Alsace unie au service de la France, l’Alsace unie au service de l’Europe. »
 Il y a aussi un passage très fort dans l’ouvrage de référence « Psychanalyse de l’Alsace » écrit par Frédéric Hoffet en 1951 : « L’Alsace est française, fidèlement française, mais elle est française autrement qu’on ne le voudrait. Tout est toujours autre en Alsace, comme tout est toujours autre dans la vie ».
« L’Alsace ce n’est pas et ce ne sera jamais un repli. L’Alsace c’est l’ouverture, l’envie d’innover et d’aller de l’avant ! »
L’Alsace ce n’est pas et ce ne sera jamais un repli. L’Alsace c’est l’ouverture, l’envie d’innover et d’aller de l’avant ! Nous avons été au premier plan des conflits les plus sanglants des siècles derniers. Nous avons changé plusieurs fois de nationalité et pourtant nous sommes le territoire par excellence de l’amitié franco-allemande et de la construction européenne. Cela atteste d’une certaine capacité à avancer et à se réinventer.
« Je suis Européen parce que je suis un Alsacien. »
Pierre Pflimlin aimait à dire « Je suis Européen parce que je suis Alsacien ». Cette citation fait écho à un extrait du dernier ouvrage de Sylvain Tesson qui affirme « Je crois à la perfusion de la géographie sur nos âmes ». Oui cette géographie a perfusé nos âmes françaises d’un idéal européen indestructible et c’est une chance pour la France ! En effet, à l’heure d’une Europe à réinventer et d’un monde globalisé, être ouvert, être attractif, être compétitif sur le Rhin est plus que jamais un enjeu national et c’est ce que nous proposons avec le projet d’Eurocollectivité d’Alsace.
« Etre ouvert, être attractif, être compétitif sur le Rhin est plus que jamais un enjeu national. »
L’Alsace doit retrouver sa vocation européenne et rhénane au service de la France et des Français. Les dernières années, nous avons tourné le dos à nos atouts. 30 000 emplois à saisir dans les 15 prochaines années, 6 % de la balance commerciale alors que nous ne sommes que 3 % de la population… le potentiel est énorme pour la France si l’Alsace prend toute sa place dans l’espace rhénan.
Nous sommes des Français passionnément européens. Le projet de création d’une collectivité territoriale d’Alsace n’est pas un projet de rupture mais un projet d’apport, d’innovation. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais bien de réaliser un bond en avant.
Notre ambition est qu’à l’horizon 2050, l’Alsace puisse être le premier territoire transfrontalier intégré et européen grâce au développement de nouveaux modes de coopération transfrontalière, en lien avec l’Allemagne et la Suisse. L’affirmation de l’ancrage rhénan de l’Alsace au sein de la France et de l’Europe constitue le fil conducteur de ce projet.
Pour s’ériger en territoire symbole de l’ambition européenne de la France, notre projet est que l’Alsace devienne à terme une région multilingue qui puisse expérimenter de nouvelles formes de coopérations et mobilités transfrontalières. L’Alsace est aujourd’hui au sein de la France un noyau dur de coopération transfrontalière, à la fois sur les sujets du quotidien mais aussi sur les grands enjeux économiques et politiques de l’avenir, à l’image de la transition écologique avec la construction de l’après-Fessenheim.
« Le projet de création d’une collectivité territoriale d’Alsace est un projet d’apport,
d’innovation. »

Aujourd’hui l’union indéfectible du Haut-Rhin et du Bas-Rhin fait la force du projet d’Eurocollectivité d’Alsace et forme une vision pour notre territoire. Nous avons pris nos responsabilités, notamment en acceptant le cadre fixé par le Président de la République. Un sacrifice qui devra être pris en compte. Nous avons fait le choix d’un projet positif qui refuse le fatalisme et ne cède jamais à la facilité de la démagogie.
Nous portons le projet d’une Eurocollectivité d’Alsace qui, forte des compétences départementales mais aussi et surtout de nouvelles compétences venant de l’Etat et de la Région, aura les moyens d’agir et de réussir pour ses habitants et pour la France.
Le projet d’Eurocollectivité d’Alsace a reçu le soutien de milliers d’Alsaciens et de plusieurs centaines d’élus locaux et parlementaires issus de la quasi-totalité des mouvements politiques républicains. C’est un projet de large consensus et de large équilibre.
« Aujourd’hui l’union indéfectible du Haut-Rhin et du Bas-Rhin fait la force du projet d’Eurocollectivité d’Alsace. »
Pour nous la priorité c’est les compétences de cette future collectivité alsacienne, la capacité à agir et à mettre en œuvre des politiques publiques innovantes et efficaces. Ce que nous voulons demain c’est créer de l’emploi en accueillant des entreprises allemandes, ouvrir un marché du travail rhénan rayonnant à 360° pour nos jeunes formés et bilingues, rendre les échanges encore plus forts avec de vraies connexions ferroviaires, entre Colmar et Freiburg par exemple. Oui nous défendons notre identité mais aussi et surtout du concret.
Il y a une Histoire particulière entre la France et l’Alsace car sans l’Alsace, la France se sentait incomplète et l’Alsace, sans la France se sentait orpheline. Aujourd’hui, France et Alsace ne peuvent être complètes et épanouies qu’en étant toutes deux européennes. C’est là l’occasion historique de permettre à l’Alsace enfin d’écrire une nouvelle page de son Histoire dans le roman national français du 21ème siècle.
«  100 ans après le retour de l’Alsace à la France, quelle plus belle manière de renouveler de la plus belle des façons les vœux d’amour éternels, oui d’amour, qui unissent l’Alsace
à sa patrie, la France. »

Les attentes légitimes des Alsaciens sont immenses. Nous ne devons pas, nous ne pouvons pas les décevoir. Nous les élus nous passerons et serons oubliés de l’Histoire ; en revanche, nous ne pouvons pas permettre qu’il en soit de même de l’Alsace et de sa vocation européenne au service de la République. Nous devons les rendre inaliénables.
C’est tout le sens de l’impératif d’une collectivité d’Alsace, opérationnelle dès mars 2021, en pleine possession de l’ensemble de ses nouvelles compétences et qui permette la persistance des Préfectures de Colmar et Strasbourg.