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Allemagne, Suisse, destination emplois

39 000 travailleurs frontaliers dans le Haut-Rhin… et moi et moi et moi ?!!! L’idée vous taraude, mais vous avez eu vent d’une diminution du nombre de frontaliers alsaciens en Suisse ; l’actualité nous a montré l’arrivée massive d’une main-d’œuvre étrangère en Allemagne. Les employeurs de ces pays ont-ils encore de la place pour vous ? Point sur la situation.

Les 22 et 23 janvier prochain 80 exposants allemands vous attendent dans le hall 3 du 38e Salon Régional Formation Emploi au Parc des expositions de Colmar

 

Christian Rateau, Chargé de projets à la Direction territoriale du Haut-Rhin de Pôle Emploi

Existe-t-il encore des perspectives d’emploi pour les Alsaciens dans le Bade Wurtemberg et dans les cantons de Bâle Ville et Bâle Campagne ? Le taux de chômage dans ces régions est toujours très bas, entre 3 et 4 %, ce qui correspond à un turn over naturel. L’Allemagne, qui vient d’accueillir un grand nombre de migrants, répond ainsi à une forte baisse de sa main-d’œuvre disponible. Cependant le processus de mise sur le marché de ces nouveaux arrivants sera long et les perspectives d’emplois restent réelles pour les Alsaciens. En Suisse, la votation pour limiter le flux migratoire, y compris venant de France, se heurte au besoin des entreprises. A ce jour nous ne constatons pas de refus d’embauche.

Quels sont les secteurs porteurs dans ces pays ?

En Allemagne, il s’agit prioritairement du commerce et de la grande distribution, suivi par l’industrie, le support aux entreprises puis le secteur du transport et de la logistique. Les métiers artisanaux, du bâtiment et de bouche, sont demandeurs mais les candidats alsaciens sont moins nombreux. Dans la restauration, les horaires décalés, additionnés aux temps de transport, sont un frein. Et puis, ce sont aussi des métiers qui trouvent encore des débouchés chez nous.

En Suisse, la santé, l’industrie pharmaceutique et l’informatique sont des secteurs particulièrement porteurs.

Quelles sont les questions à se poser avant d’envisager une recherche d’emploi en Allemagne et en Suisse.

La Suisse est exigeante sur le niveau de langue. La pratique de l’alsacien est un réel atout. Sa baisse a indéniablement entraîné une chute du nombre de frontaliers alsaciens. Bâle est facilement accessible par les transports en commun. Ce qui n’est pas le cas de l’Allemagne. Le niveau d’allemand exigé est de B1 à B2 dans le référentiel européen. De manière générale, il faut être prêt à intégrer un référentiel de valeurs et un environnement professionnel différents.

Des formations existent-elles pour élaborer un tel projet ?

La Région Alsace a mis en place des formations de langue mais aussi des formations techniques en allemand. Nous-mêmes, avons des outils d’évaluation du niveau de langue. Des sessions d’information sont organisées, des stages de découverte de l’environnement de travail sont possibles en Allemagne et en Suisse… L’ensemble des partenaires de l’emploi s’associe et se mobilise pour accompagner les volontaires.

Vers qui se tourner pour accéder à ces dispositifs et s’engager dans la recherche d’un emploi frontalier ?

Chaque agence de Pôle Emploi est en mesure d’accompagner de tels projets et d’orienter vers les bons partenaires : Région, Infobest, etc. Nous travaillons également en étroite collaboration avec notre homologue allemand, l’Agentur für Arbeit, à qui nous adressons certains de nos demandeurs pour une prise en charge directe : c’est le SPT, Service de Placement Transfrontalier. Les opportunités sont réelles avec, notamment en Allemagne, un marché plutôt ouvert pour les seniors.

Le périmètre de recherche d’emploi ne doit pas s’arrêter parce qu’il y a un fleuve à traverser ! Il faut raisonner à l’échelle du bassin rhénan.

Apprendre un métier en France et en Allemagne

L’apprentissage permet aux jeunes de 15 à 25 ans de préparer un diplôme à la fois en entreprise et dans un centre de formation d’apprentis (CFA). En Alsace, un dispositif soutenu par l’Europe et mis en œuvre par le Conseil régional, permet d’être inscrit en CFA tout en réalisant la partie pratique de sa formation dans une entreprise allemande du Bade-Wurtemberg ou de Rhénanie-Palatinat. Cet apprentissage transfrontalier s’adresse aussi bien à des jeunes de niveau infra-bac (CAP, Bac Pro, etc.) qu’en niveau post-bac (BTS, DUT, Licence Pro,  Master, etc.).